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Six services d'urgence menacés en Basse-Normandie

Les petits services d'urgence sont une fois de plus en danger, si l'on en croit un rapport remis à la Ministre de la santé Marisol Touraine que le Figaro s'est procuré. Dans notre région, six hôpitaux seraient concernés du Perche au Cotentin, en passant par le pays d'Auge.

Les raisons des fermetures programmées

Selon le Figaro, qui a pu se procurer le rapport confidentiel rendu à la Ministre de la Santé Marisol Touraine, un service d'urgence sur dix est menacé de disparaître. La raison invoquée dans le rapport ? Le manque de personnel formé à la pratique de la médecine dans un service d'urgence. "Faute de personnel, une demi-douzaine de services d'urgence ou de Smur (service mobile d'urgences et de réanimation) ont dû, cet été, fermer leurs portes temporairement, au minimum la nuit" explique le quotidien.
Le ministère de la santé dans un souci d'économie budgétaire a fixé des quotas minimum pour maintenir les services d'urgence opérationnels, dans le cadre de la réforme hospitalière. Le seuil de référence a été arrêté à 10 000 patients par an, soit 1,1 patient par heure.

Quels sont les services menacés dans la région ?

Dans notre région, nombreux sont les services d'urgence à ne pas atteindre ces quotas. Le centre hospitalier de Mortagne-au-Perche, celui de Saint-Hilaire-du-Harcouët dans la Manche ou bien encore le centre hospitalier d'Aunay-sur-Odon, qui avec seulement 7 245 patients soignés en 2014 reste l'hôpital le plus modeste de la région.
D'autres services d'urgences arrivent péniblement à dépasser les chiffres fatidiques. En zone rurale, le CH du Cotentin à Valognes affiche 12 936 patients, celui de Vire 10 548, celui de Falaise 17 673. Certains services en zone urbaine ne font guère mieux, la clinique de la miséricorde de Caen affiche bon en mal an 14 804 malades soignés aux urgences seulement.

La réponse de l'Agence Régionale de Santé

L'ARS ce matin dans Ouest France dément les informations publiées hier par le Figaro mais confirme qu'une réorganisation est bien en cours d'élaboration. 

Une réflexion sur l'organisation des urgences sera engagée avec les services qui le souhaitent, sans préjuger de ce qui sera décidé. Des services pourraient fermer la nuit par exemple. (..) mais il n'y aura pas de fermeture aux forceps


assure Vincent Kauffmann le directeur adjoint de l'Agence.
Le rapport rendu à la ministre de la santé a donc toutes les chances d'être rangé momentanément dans un placard en attendant la fin du mois de décembre et l'issue du scrutin régional. Les bienfaits d'un tel document ont souvent été démontrés par l'Exécutif comme l'efficace remède pour conditionner petit à petit l'opinion avant de rendre à terme ses conclusions inéluctables.

Les chiffres des Urgences dans la région

Reportage de Hélène Jacques et Franck Bodereau
Intervenants:
- Claire Gadois, déléguée FO
- Myriam Krikorian, directeur Clinique de la Misericorde

Des services d'urgence menacés en Basse-Normandie ?

 

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