Les skippers normands du Vendée Globe ont rendez-vous dans l'Arctique

C'est une première, dans un décor totalement inhabituel. La classe Imoca va aller se tester à partir de samedi près des icebergs islandais avec la Vendée-Arctique-Les Sables d'Olonne. Une façon de se tester après un long confinement et à quatre mois d'un tour du monde en solitaire.

Des décors de glace attendent les 20 skippers de la course Vendée-Arctique-Les Sables d'Olonne
Des décors de glace attendent les 20 skippers de la course Vendée-Arctique-Les Sables d'Olonne © AltoPress / Maxppp
L'hiver a été bien long. Trop long pour ces marins, habitués aux grands espaces. Ce samedi 4 juillet, enfin ils vont pouvoir prendre l'air. A 15h30 en direct sur France 3 sera donné le départ de la Vendée-Arctique-Les Sables d'Olonne, une nouvelle épreuve pour le monde de la voile.

Reservée à la classe Imoca, cette course en solitaire s'élance donc de la cote vendéenne pour s'approcher du cercle polaire arctique au sud de l'Islande, avant de descendre sur les Açores. 3.600 milles (6.600 km), l'équivalent d'une transatlantique pour une arrivée prévue entre le 14 et le 18 juillet.
 
Cette course entre les Sables d'Olonne, les Açores et l'Islande est une première pour la classe Imoca.
Cette course entre les Sables d'Olonne, les Açores et l'Islande est une première pour la classe Imoca. © Imoca


Le meilleur entraînement avant le Vendée Globe

Parmi les 20 skippers sur la ligne de départ, 3 Normands : le Havrais Charlie Dalin, la Manchoise d'adoption Miranda Merron et le Cauchoix de coeur Manuel Cousin. Les trois sont déjà qualifiés pour le Vendée Globe, en novembre prochain, et viennent donc se tester face à la concurrence.

Cette course sera la seule "hauturière, sportive et technique en solitaire que les skippers pourront disputer avant le départ du Vendée Globe" explique Jacques Caraës, directeur des 2 courses. "Sportivement, les marins ont besoin de naviguer en configuration solitaire. Techniquement, ils doivent valider les modifications effectuées cet hiver en chantier."
  

Ne rien casser à quatre mois du tour du monde.

Manuel Cousin, skipper de Groupe Setin



Tous ne viennent pas avec les mêmes ambitions. Si Manuel Cousin est clairement heureux de retrouver son "élement favori, la mer, le large, cette sensation de liberté" sur Groupe Setin, il pense aussi à "ne rien casser, à quatre mois du tour du monde". C'est vrai que ce serait un gros coup dur pour le Seino-Marin, qui rêve de ça depuis tout gamin et avait eu peur de tout perdre lors du départ très agité de la dernière Jacques Vabre (22e). Les casses et les abandons avaient été nombreux. 

Miranda Merron a surtout hâte de "de retrouver [s]es marques à bord, d’être en communion avec [s]on bateau (Campagne de France)", huit mois après sa dernière course, la transat Jacques Vabre (23e). "Je vais essayer de réapprendre tout ce que j'ai oublié depuis le mois de décembre" en sourit-elle. Son bateau sera le plus vieux de la flotte, "mais ça ne veut pas dire que ce sera le plus lent !"

Charlie Dalin, vainqueur en duo de la Transat Jacques Vabre en novembre dernier, sera lui pour la première fois seul en course sur son Imoca Apivia, un an après sa sortie de chantier. "Ca va me permettre de travailler sur différentes choses que ce soit le rythme à bord, mes manoeuvres en solo, l'avitaillement, les questions de sommeil."
  

Une destination inhabituelle avec une météo très changeante

D'habitude, nos skippers sont plutôt habitués à arpenter la Manche ou traverser l'Océan Atlantique. Remonter vers l'Arctique sera une découverte qu'ils prédisent difficile tactiquement. "Le vent va changer en force et en direction de manière perpétuelle pratiquemment", se méfie Charlie Dalin. "Ca veut dire beaucoup de réglages et de changements de voile"
 

Nous n’allons pas chercher à cavaler à l’avant de systèmes météo comme on le fait traditionnellement en transat

Miranda Merron, skippeuse de Campagne de France



Miranda Merron a déjà navigué dans cette région du globe, "mais jamais en course" et ça fait une grosse différence. "Nous n’allons pas chercher à cavaler à l’avant de systèmes météo comme on le fait traditionnellement en transat, mais nous allons traverser à deux reprises les routes suivies par les dépressions d’Atlantique Nord."

Manuel Cousin se réjouit de jouer "les découvreurs dans un endroit qu'il ne connait pas", mais il voit ça aussi comme un bon entraînement avant d'affronter, pendant le Vendée Globe, les routes parfois dangereuses près du pôle sud, avec "des risques d'icebergs. Il se prépare "à avoir froid, avec des températures proches de zero la nuit."

  

Confiné jusqu'au départ... sans public

C'est un protocole exceptionnel en raison de la crise du Covid-19. Les skippers se sont mis en confinement, cinq jours avant le départ, tout comme les équipiers (3 maximum) qui vont les accompagner jusqu'à la ligne de départ. "Y'a un gros manque, c'est le partage avec le public. Cela nous permet en revanche d'aborder la coursse un peu plus sereinement que d'habitude, se préparer mieux dans un peu plus de calme", reconnaît Manuel Cousin.

Ce vendredi, tous les équipages vont passer un test de sérologie, avant de larguer les amarres. Les résultats arriveront au comité organisateur quelques instants avant le départ . "Si les skippers et leur équipage ne sont pas atteints par le virus, alors les équipiers pourront débarquer de l’Imoca sur des bateaux de l’organisation des teams tandis que les skippers se prépareront à couper la ligne en solitaire", précise l'organisation qui pourrait avoir recours aux mêmes procèdures pour le Vendée Globe.

Les marins pourront alors enfin prendre le large, direction l'Arctique.

 
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