Sonia Krimi et 10 autres députés LREM s'opposent à la réduction de l'aide médicale aux migrants

La députée de la Manche (LREM) Sonia Krimi
La députée de la Manche (LREM) Sonia Krimi

L'élue du Cotentin et dix de ses collègues de LREM co-signent une tribune pour s'opposer aux mesures prévues par le gouvernement sur l'immigration concernant la santé et notamment l'aide médicale d'Etat (AME).

Par CM et AFP

Ce n'est pas la première fois que la députée du Nord-Cotentin exprime une voix discordante au sein de la majorité sur les questions d'immigration. Quelques mois seulement après son élection, Sonia Krimi s'était indignée qu'une circulaire du ministère de l'Intérieur demande aux préfets d'envoyer des "équipes mobiles" pour procéder à un recensement dans les centres d'hebergement d'urgence. La jeune élue n'avait également pas caché son opposition, un peu plus tard, au projet de loi asile et immigration du gouvernement. Alors que le Premier minsitre a annoncé ce mercredi une série de mesures sur ce dossier, la Cherbourgeoise prend de nouveau ses distances avec le gouvernement.

"On est drastiquement pas d'accord sur la manière de voir les choses", a-t-elle ainsi déclaré à nos collègues de Franceinfo, "Je ne vois pas les immigrés comme des horribles personnes. Tous les taxis, toutes les femmes de ménage, tous les médecins, c'est ça les immigrés, dont je fais partie aussi (…) Je ne suis pas d'accord avec cette façon de voir les immigrés en France parce que tout simplement j'en fais partie".

Parmi les points de discorde, l'accès des migrants à la santé et plus particulièrement à l'aide médicale d'Etat (AME). Le gouvernement souhaite instaurer un délai de trois mois avant l'accès à certains soins. Avec dix autres députés LREM, Sonia Krimi co-signe une tribune appelant à ne pas céder à la "facilité". "L'introduction d'un délai de carence retardant l'ouverture des droits pour l'accès à la protection universelle maladie des demandeurs d'asile ou encore l'instauration d'une entente préalable visant à encadrer voire limiter l'accès à certains soins médicaux pour les personnes en situation irrégulière sont des réponses administratives à des questions de santé publique", écrivent ces "marcheurs".
    
"Députés de la majorité, nous nous attachons à l'efficacité des dispositions votées et à l'amélioration des services rendus à la population: sur ce sujet, nous craignons de ne pas répondre à ces deux impératifs", poursuivent-ils. "Si nous devons contribuer à redéfinir, dans une époque qui change, ce que doit être l'immigration, nous, députés de la Nation, refusons de le faire en laissant croire qu'elle serait uniquement un poids pour notre pays, ou encore que la fraude y serait la règle", ajoutent-ils, déplorant des mesures qui "compliquent l'accès aux soins de personnes en situation de très grande précarité".
    
Ils plaident pour ne pas légiférer "dans l'urgence", estimant que l'émotion "ne saurait guider à outrance nos travaux sur des sujets si sensibles alors que nous avons entre nos mains les destins souvent déjà meurtris de milliers de femmes, d'hommes, et d'enfants qui ne demandent qu'à survivre".
    
Mercredi, M. Cesarini avait indiqué qu'en l'absence d'inflexion lors de l'examen des amendements du gouvernement, plusieurs élus voteraient contre. Les autres signataires de la tribune sont Albane Gaillot, Jennifer de Temmerman, Delphine Bagarry, Marion Lenne, Hubert Julien-Laferriere, Jean-François M'Baye, Pierre-Alain Raphan et Nathalie Sarles.


 

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