Sur son paddle, une normande étudie la pollution des rivières

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Toute la semaine, la normande Séverine Vasselin a parcouru 50km par jour à la force de ses bras. Sur son paddle, elle a navigué sur les cours d’eau belges pour ramasser les déchets croisés. Plus qu’une simple collecte, elle souhaite aussi les analyser.

« Ce projet fou a commencé par un déclic », raconte Séverine Vasselin. « J’étais debout sur mon paddle, avec une vision à 360° degré sur l’eau autour de moi et j’ai pris conscience de la vulnérabilité de notre environnement. Le paddle instaure un rapport très frontal avec l’eau, par rapport à un bateau où nous sommes protégés »;

Alors cette normande d'origine a créé l’association Watertrek pour agir à son échelle. Elle utilise la paddle pour naviguer sur les cours d’eau et collecter les déchets sur son passage. « C’est un outil très adapté aux rivières car c’est maniable et on peut atteindre des endroits inaccessibles à pied ou en bateau ».  

Depuis le début de la semaine, elle réalise une nouvelle expédition de 250 km avec 4 autres paddlers, sur les rivières belges. Projet sportif certes, mais surtout engagé car l’équipe participe au protocole Plastic Origins. Grâce à une application, l’objectif est de réaliser une banque de données participatives sur le type de déchet, les zones d’accumulation… et ainsi, de mieux lutter contre cette pollution.

Cet outil utilise l’intelligence artificielle pour classer les déchets selon 8 catégories. « Ce n’est pas une pure opération de nettoyage mais vraiment de cartographie », insiste Séverine Vasselin. L’itinéraire ne doit d’ailleurs rien du hasard. Comme il y a 5 ans, ils ont navigués entre Hasselt, Aarshot, Malines et Gent. La réalisation de ce même parcours quelques années après vise aussi à suivre l’évolution de la pollution sur ces cours d’eau au fil du temps.

Plus de 400 bouteilles collectées

« Avec ce type de projet, on se rend bien compte que tout est connecté. On pense souvent que la mer c’est loin et donc que nous ne sommes pas responsables de sa pollution. C’est complètement faux quand on sait que 80% des déchets trouvés en mer proviennent du continent. Et on le voit bien quand on navigue avec Watertreck, les rivières sont des voies de transfert… », détaille celle qui a grandit à Fréville, dans le pays de Caux. 

Jeudi, l’équipe a même crée un « serpent de plastique » de 50 mètres de long pour se rendre compte de la quantité de bouteilles amassées durant la semaine. Près de 400 bouteilles ont déjà ramassées durant le périple.

Et c'est sans compter les autres déchets en tout genre : sac, lingettes, désodorisants WC, préservatifs... Les premières analyses commenceront dimanche 1er mai.