Trouver un job d'été en Normandie ? "La situation est complexe mais il ne faut pas désespérer"

Argent de poche ou réel complément de revenu pour financer ses études, nombre d'étudiants vont tenter de travailler cet été. Mais le marasme économique actuel n'inspire guère à l'optimisme. Et pourtant, des secteurs continuent à recruter.

Préparateur en drive, l'une des pistes pour l'été selon le CRIJ de Normandie
Préparateur en drive, l'une des pistes pour l'été selon le CRIJ de Normandie © PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP
C'est peu dire que la situation économique actuelle est difficile. Et les chiffres du marché de l'emploi en témoignent. "En mars, on a observé une importante baisse des recrutements, 20% de moins que l'an dernier à la même époque", explique Frédérique Pellier, responsable études et statistiques à Pôle Emploi Normandie.

Certains articles ou reportages ont pu faire croire que certains secteurs tiraient toutefois leur épingle du jeu. Notre interlocutrice tempère cet enthousiasme. "La baisse est générale. La santé humaine et l'action sociale (définis par le gouvernement comme des secteurs prioritaires et mis en avant via une plateforme internet) baissent juste moins qu'ailleurs (- 6%)".

Si le déconfinement a débuté en début de semaine, ce lundi 11 mai, il apparaît prématuré de tirer des plans sur la comète de la reprise économique. "Les entreprises commencent à redémarrer, on va le voir par l'intérim. Mais c'est très très tôt, c'est de l'ordre du ressenti."

Trop tôt également pour se projeter sur la période estivale. "Les entreprises doivent d'abord régler la question des congés de leurs salariés. Et la surcharge d'activité saisonnière est beaucoup liée au tourisme. Or, aujourd'hui, il y a zéro perspective concernant les mois de juillet et d'août. Les employeurs ne peuvent pas faire de prévisions d'embauche.

De quoi doucher les espoirs des étudiants qui comptaient travailler sur les côtes normandes cet été, même si la perspective d'une réouverture des plages se profile.
 
"La situation est complexe", reconnait Samuel Danicourt, chargé de communication numérique au Centre Régional d'Information Jeunesse (CRIJ) de Normandie. Le CRIJ a ainsi dû annuler les deux forums pour l'emploi qu'il organise en mars chaque année à Caen et Rouen, confinement oblige.
Le coronavirus aura-t-il la peau des jobs d'été ? "On s'est posé cette question. On a vu des offres d'emploi sur lesquelles s'étaient positionnés des étudiants annulées. On est revenu vers les employeurs pour leur demander s'ils recrutaient toujours. Certains nous ont dit qu'ils fermaient les écoutilles. Mais d'autres nous ont dit qu'ils cherchaient toujours du monde."
 
Selon le CRIJ de Normandie, "plus de 300 offres pour plusieurs milliers de postes" sont ainsi proposées aux jeunes souhaitant travailler cet été . "Quasiment toutes les offres qu'on avait collectées sont maintenuesIl ne faut pas désespérer", assure Samuel Danicourt. Faute de pouvoir organiser ses forums, le CRIJ relaye toutes ces offres sur son site internet et ses réseaux sociaux. Parmi elles, l'opération "Des bras pour ton assiette", pour répondre aux besoins en main d'oeuvre des agriculteurs. Selon la FNSEA, à l'initiative de cette plateforme, 15 000 contrats auraient été signés. 
 
Si l'agriculture manque de bras, "l'hotellerie et la restauration sont en stand-by", en convient Samuel Danicourt. Mais les vacances de certains pourront tout de même constituer le job d'autres. "Le gouvernement veut des vacances apprenantes, des animateurs vont être sollicités, chaque année il y a des besoins", souligne notre interlocuteur, "Les colonies à l'étranger ne sont plus à prévoir. Par contre, il sera toujours possible d'organiser des vacances en France. Les MJC et les centres de loisirs vont être sollicités". Les candidats devront disposer d'un BAFA.
 

Relecture de CV

Autre secteur potentiellement pourvoyeur d'emplois, le commerce. "Dans les grandes structures (la grande distribution), il y a des roulements et des personnes qui partent en congé, ça peut même déboucher à la rentrée sur des jobs étudiants."
Et de citer aussi "des postes de préparateur en drive, les fast-foods ou Ikea qui chaque année cherche à recruter à cette saison. L'industrie peut également avoir des besoins l'été en fonction des congés."
Enfin, comme constaté à Pôle emploi, le secteur du service à la personne (auxilliaire de vie, par exemple) constitue une piste sérieuse.

Pour le moment, le CRIJ ne reçoit toujours pas de public. La structure espère rouvrir ses portes au mois de juin. Mais en attendant, elle continue son activité de conseil et d'accompagnement des jeunes Normands (relecture de CV par exemple) via son site internet, le mail (caen@crijnormandie.fr ou rouen@crijnormandie.fr) et ses réseaux sociaux. "On répond à toutes les demandes", assure Samuel Danicourt.


 
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