Violences conjugales : « souvent on préfère les subir que de quitter l'homme qu'on aime»

Publié le Mis à jour le
Écrit par Melinda Lellouche
Fuir les violences conjugales : une décision souvent difficile à prendre mais salvatrice.
Fuir les violences conjugales : une décision souvent difficile à prendre mais salvatrice. © Madeleine Sultan/Patrick Spica Productions

Alors que les féminicides se multiplient dans le pays, et que la gendarmerie est gravement mise en cause dans une affaire, le documentaire "Sauve qui peut...l'amour!" enquête sur le difficile combat des femmes pour s'échapper de la violence et retrouver leur liberté. 

En moyenne en France une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son partenaire ou ex-partenaire 

Violences physiques mais aussi et surtout psychologiques sont le quotidien de ces femmes.

Quand on est victime de violences, on a peur, on ne dit rien...et puis souvent on est amoureuse de ces hommes, on les aime, on préfère subir que de les quitter. Moi-même je n'explique pas que l'on puisse aimer aussi fort quelqu'un qui nous fait autant de mal.

Rita, victime de violences conjugales

Mais au delà des chiffres, se pose la question de l'aspect humain et du comment en sommes-nous arrivés là ?

Bande-annonce : Sauve qui peut ...l'amour

Le documentaire "Sauve-qui-peut... l'amour !" est une enqûete inédite, qui suit le parcours de 3 femmes qui ont décidé de dire stop.

Elles croyaient vivre le grand amour. Elles étaient maltraitées. Alors elles ont décidé de fuir. Une fuite rarement sans danger. Qui peut se révéler pleine de pièges, de ratages. Et les institutions, les forces de l'ordre et la justice sont souvent dépassées par l'immensité des drames vécus.

Des témoignages bouleversants : 

durée de la vidéo: 02 min 33
Extrait du documentaire "Sauve qui peut...l'amour!"

Comment se sauver? Où aller? Qui peut vous aider? Comment le faire lorsqu'on a été coupé de tout et de tous pendant des années et quand celui qui vous menace vous fait suivre et surveille le moindre de vos actes? Quel est le rôle des institutions ou des associations? Comment prouver à la police, et surtout à la justice que son calvaire est réel, qu'on demande une protection urgente à la loi et à ceux qui sont chargés de veiller à son application? Comment échapper à la fureur du mari maltraitant une fois qu'on a osé dévoiler ses méfaits? Comment faire protéger ses enfants, s'il y en a, si le juge exige qu'ils voient leur père, même violent? Comment retrouver un travail? Comment réapprendre à vivre tout simplement?

Pour aider ces femmes : institutions, associations, police, foyers, unités médico-judiciaires sont là pour les accompagner et les aider dans leurs démarches et leur reconstruction. 

Depuis le début de la crise sanitaire, les forces de l'ordre et les associations spécialisées dans l'accueil et l'accompagnement des victimes de violences conjugales demeurent mobilisées en Normandie.

Si j’ai un message à faire passer aux victimes qui hésiteraient à dénoncer les violences physiques ou psychologiques, c'est de ne pas avoir peur de franchir le pas d’un commissariat. Il ne faut pas qu’elles se disent qu’elles ne seront pas crues ou écoutées, elles le seront mais il faut qu’elles aient conscience que plus elles apporterons d’éléments qui permettent d’étayer et d’affirmer leurs accusations, plus cela nous aidera à aboutir à une réponse pénale.

Stany MAUGER Brigadier-chef de Police Hôtel de Police de Caen

Le contexte de confinement a malheureusement accentué les tensions familiales, conduisant à une augmentation des violences (les violences conjugales ont augmenté de 60% lors du 2e confinement).    

Malgré les dépots de plainte et les dénonciations, certaines femmes continuent de se faire harceler voire de se faire tuer, le rôle de la police est alors remis en question : 

En France en 2019, année emblématique du Grenelle contre les violences conjugales, 146 femmes ont été tuées par leur compagnon ou ex-compagnon. 

Soit une augmentation nette de 28 % par rapport à 2018.

Ces chiffres glaçants sont issus de l’étude du ministère de l’Intérieur relative aux morts violentes au sein du couple sur l’année 2019, établie par la Délégation aux victimes des directions générales de la police nationale et de la gendarmerie nationale. Une étude publiée chaque année depuis 2006. 

7 femmes victimes sur 10 déclarent avoir subi des faits répétés.

8 femmes victimes sur 10 déclarent avoir également été soumises à des atteintes psychologiques ou des agressions verbales.

Parmi ces femmes victimes, 18% déclarent avoir déposé une plainte en gendarmerie ou en commissariat de police suite à ces violences.

Cette estimation est issue des résultats de l’enquête de victimation annuelle « Cadre de vie et sécurité » (INSEE-ONDRP-SSMSI). 

Que faire en cas d'urgence ?         

 Des dispositifs gratuits d’aide et d’urgence sont disponibles à toute heure pour les victimes et témoins de ces violences.

 Quels sont ces dispositifs ? 

-       Pour recevoir de l’aide et de l’écoute : le 3919,Violences Femmes Info, numéro anonyme et gratuit, disponible tous les jours de 9h à 21h

-       Pour effectuer un signalement en ligne, anonyme et gratuit : la plateforme arretonslesviolences.gouv.fr est disponible 24h/24 7j/7

-       Pour toute urgence : le 17 (accessible par téléphone) et le 114(par SMS), également disponibles tous les jours, 24h/24.

-       Enfance en danger ou en risque de l'être : le 119, joignable 24h/24 et 7j/7

Bracelet anti-rapprochement, une solution ?

 

Sauve-qui-peut... l'amour !

Un documentaire de Madeleine Sultan

Coproduction Patrick Spica Productions et France Télévisions

Avec la participation du Centre National du Cinéma et de l'Image Animée

Délégué à l'antenne et aux contenus : Bernard Gouley

Diffusions Lundi 1er février à 23h00 et vendredi 5 février à 9h15 sur France 3 Normandie

 

En partenariat avec France 3 France Bleu et Make.org

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