Bordeaux : Une paella partagée depuis 19 ans

Publié le Mis à jour le
Écrit par G.D (avec l'AFP)

Un restaurant de Bordeaux, comme chaque Noël depuis 19 ans, a servi plus de 1.000 assiettes de paella à des démunis, précaires, ou simplement des esseulés, dans un rendez-vous hivernal et caritatif devenu une petite institution locale.

Sous des tentes montées dans la rue devant Bodega Bodega, un comptoir à saveurs ibériques du centre-ville, 70 bénévoles, dont des clients ou des personnes elles-mêmes il y a peu en précarité, ont servi la paella cuisinée dans dix plats géants, accompagnée d'une sangria (sans alcool), au son d'un petit orchestre de jazz-musette.



Petite touche de luxe, des toasts de foie gras, offert depuis 2011 par un producteur de Lescar (Pyrénées-Atlantiques) agrémentaient le menu.



La "Paella du coeur" a été lancée en 1994 par le propriétaire du restaurant, Daniel Cuny, parce qu'"on marchait bien, on a vite senti que c'était quelque chose à faire, cela adoucit les rapports des SDF avec les commerçants, et la paella est par nature un plat populaire pour grand nombre. Et puis ça nous fait vachement plaisir".



Les "invités" se voient distribuer en amont des tickets, ventilés via les services sociaux de la mairie et des organismes caritatifs (Restos du Coeur,  Emmaüs, Secours catholique notamment) qui "du coup peuvent faire un break le midi de Noël".



"C'est pas très compliqué de faire des choses comme ça", a commenté Cuny, qui à 65 ans songe à passer la main, et s'interroge sur la pérennité de sa Paella.

"Avant, on avait surtout des vieux, des profils classiques de SDF, de +clochards+. A présent on voit davantage de jeunes, de mères avec enfants, de familles, et puis des gens avec de l'allure, pas à la rue, mais qui ont dérapé des circuits", explique Patxi Benes, Espagnol de 51 ans gérant l'établissement.

"On voit aussi beaucoup de gens seuls, qui souffrent d'une +pauvreté de solitude+".



"On vient parce que c'est sympa", racontait Bernard, 58 ans, vivant d'une pension d'invalidité "dans un logement insalubre", et qui venait "retrouver des gens qu'on connaît. Par la Banque alimentaire, où je sers l'été comme bénévole."

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