La session d'Assises au Tribunal de Tulle bloquée pendant deux heures

Fin de l'indépendance de la profession d'Avocat ? Des Avocats des deux barreaux corréziens, Tulle et Brive, en présence d'une délégation du Barreau de Limoges, ont bloqué la session des Assises de la Corrèze. Ils déposent cet après-midi à la Préfecture de la Corrèze une motion.

La salle des assises de la Corrèze ( illustration)
La salle des assises de la Corrèze ( illustration) © France 3 Limousin

Les valeurs fondamentales de la profession remises en cause

Ils s'opposent au projet de réforme des professions règlementées présenté par Emmanuel Macron il y a deux jours. Une cinquantaine d'Avocats a symboliquement bloqué la session des Assises au Tribunal de Grande Instance de Tulle pour contester les mesures visant leur profession.

Ils s'opposent aux modifications structurelles de la profession d'Avocat, pourtant non soumise au numérus clausus.

Vers un système anglo-saxon ?

Le projet de réforme prévoit l’ouverture des cabinets aux financements externes, des investisseurs qui seraient donc en droit d’attendre une rentabilité de l’activité. Cette approche introduit une culture du résultat. La profession se trouverait ainsi déstabilisée, les dossiers non économiques (en Droit des personnes et de  la famille notamment) pouvant alors être délaissés.

Il n’y aurait même plus de Justice à deux vitesses, il n’y aurait plus du tout d’accès à la Justice pour les personnes plus fragiles craint Dominique Val, Bâtonnier du Barreau de la Corrèze (ancien Barreau de Brive)


C’est une remise en question de l’indépendance de la profession.
Le projet prévoit le statut d’Avocat en entreprise. Des avocats salariés donc subordonnés à l’entreprise employeur. Qu’en est-il alors de l’indépendance de l’Avocat ? Qu’en est-il de sa clause de conscience ? Qu’en est-il du secret professionnel qui deviendrait là aussi à deux vitesses ?
Les Avocats voient là des mesures touchant aux valeurs fondamentales de leur profession.

L’ensemble de la profession perçoit une évolution vers une financiarisation de la profession, au détriment de l’approche humaine de leur métier. On pourrait alors voir les jeunes Avocats se tourner en masse vers les spécialisations économiques au détriment des activités sociales et civiles.

Ils demandent l’arbitrage du Premier Ministre qui reçoit le Président du Conseil National des Barreaux et de la Conférence des Bâtonniers à Matignon aujourd’hui. Une motion est déposée cet après-midi à la Préfecture de la Corrèze.


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