La Charente-Maritime et la Vienne garderont-elles la barre à droite ?

Les prochaines élections départementales multiplient les incertitudes et les nouveautés. La carte électorale de la France sera certainement bouleversée au soir du second tour, le 29 mars. Sauf peut-être dans deux départements de la région, la Charente-Maritime et la Vienne.

Ces deux départements sont déjà gouvernés par la droite et devraient, selon toute vraisemblance, le rester. L'UMP est en effet donnée largement favorite de ce scrutin au détriment du Parti Socialiste qui détient aujourd'hui la grande majorité des départements français, 60 au total.
La Vienne et la Charente-Maritime n'avaient pas été emportées par les différentes vagues roses aux précédentes élections cantonales (les ex-départementales), restant dans le giron de la droite. Les observateurs s'accordent à dire qu'il ne devrait pas y avoir de bouleversement en mars 2015 même si là, comme ailleurs, certaines inconnues existent et pourraient bouleverser les résultats attendus.


A qui va bénéficier le redécoupage électoral ?

Dans ces deux départements, les deux plus urbanisés de la région, c'est peut-être avant tout l'effet du redécoupage électoral qu'il faudra surveiller. Il apparaît en effet nettement plus favorable aux milieux urbains que la précédente répartition.  Des cantons ruraux peu peuplés ont été regroupés pour former des entités géographiques beaucoup plus importantes, à l'exemple du canton de Loudun dans la Vienne.


L'inconnue, Front National

Sur le papier, ce redécoupage favoriserait la gauche et le PS mais il pourrait aussi jouer en faveur du Front National, comme à Châtellerault dans la Vienne.
Si peu de questions semblent se poser autour de la bascule ou pas de ces deux départements, il en va tout autrement du le score du Front National. C'est certainement la véritable inconnue de ce scrutin. Présent dans tous les cantons de la Vienne et de Charente-Maritime, il avait réussi aux précédentes élections à engranger de nombreux votes en milieu rural.


La gauche part divisée dans la Vienne

Le département de la Vienne est historiquement de droite et particulièrement marqué par la présidence de René Monory de 1977 à 2004. Depuis 2008, il est dirigé par l'UMP Claude Bertaud dont la majorité de centre-droit l'a emporté d'une courte majorité aux dernières élections. Claude Bertaud ne se représente pas en 2015, se retirant de la vie publique. Si la majorité départementale ne change pas, Bruno Belin, actuel vice-président du Conseil Général, pourrait briguer la présidence. En tandem avec Marie-Jeanne Bellamy, il part ultra-favori dans le canton très rural de Loudun, le plus grand du département.
De son côté, la gauche part divisée. Les écologistes ayant majoritairement choisi de faire liste commune avec le Front de Gauche dans 15 cantons dont ceux de Poitiers, alors qu'ils ne partent avec le PS que dans quatre cantons. Le PS espère se maintenir dans les zones urbaines et compte sur l'implantation locale de ses élus, comme René Gibault à Lusignan, pour limiter les effets négatifs du climat politique national.
Une stratégie complètement inverse de celle du Front National qui lui ne fait campagne que sur les thèmes nationaux mais qui est très présent sur le terrain en particulier en multipliant les distributions de tracts dans les boîtes aux lettres. Le Front National ne cache pas son ambition d'être présent au second tour. Dans cette perspective, il faudra surveiller le score d'Eric Audebert à Châtellerault.


Charente-Maritime : Dominique Bussereau, bien installé

En Charente-Maritime, où le nombre de cantons est presque divisé par deux, le suspens est quasi-inexistant. L'UMP Dominique Bussereau, à la tête du département depuis 2008 est candidat à sa succession. Cependant, aucun accord n'a été conclu au niveau départemental entre l'UMP et l'UDI et dans certains cantons comme à Aytré, l'UDI François Drageon affronte un binôme UMP.
Divisions à droite mais aussi, et surtout, à gauche, Parti Socialiste, Radicaux de Gauche et Ecologistes partent séparés au premier tour malgré la menace de la barre des 12,5% des inscrits à franchir pour atteindre le second tour. Ces divisions, on le sait, sont aussi internes, le Parti Socialiste de Charente-Maritime n'ayant toujours pas soigner ses blessures causées par les dernières législatives et municipales à La Rochelle. Certains élus de gauche n'hésitent pas à juger la victoire inaccessible. Comment expliquer alors l'absence d'un candidat de gauche dans le canton rural de Saint-Porchaire où seuls la Droite et le Front National s'affrontent ?
Le score du Front National semble à nouveau la seule véritable interrogation de cette élection. Parviendra-t-il à s'implanter en milieu rural et à sortir de ses bastions de Royan et des zones ostréicoles où il pourrait ne plus avoir trop de marge. Le Front National pourrait engranger les dividendes des divisions à gauche et à droite dans un département où il avait déjà été présent au second tour dans deux cantons en 2011.

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