Polémique en Espagne autour de la fuite d'un ex-membre de l'ETA

Un ex-membre de l'ETA, Alberto Plazaola, qui devait retourner en prison en Espagne suite à un arrêt du Tribunal suprême cassant une décision de libération, est en fuite depuis mardi, la police n'ayant eu connaissance que tardivement de la décision. Il est toujours recherché

Alberto Plazaola, détenu en Espagne depuis 1996 après avoir purgé une peine de prison de sept ans en France, avait été libéré en décembre. Il devait être à nouveau incarcéré suite à cet arrêt.

Sa fuite a pu se produire entre le moment où la décision a été rendue publique dans la presse mardi à la mi-journée et l'arrivée de la police, des heures pendant lesquelles une foule de manifestants de la gauche abertzale (nationaliste) se sont mobilisés devant chez lui à Onate (Pays basque).

Elle a déclenché un éditorial assassin du journal de centre-droite El Mundo, qui a dénoncé un "scandale social" et "le manque de oordination" entre police et justice.
"Il lui restait onze ans à faire. Il a dû apprendre la décision avant la police. Mais ces décisions ne peuvent être tenues secrètes et la police ne peut pas surveiller des personnes en principe en liberté définitive", a-t-on répondu de source judiciaire.


Un mandat d'arrêt national

Un mandat d'arrêt national a été lancé contre l'ex-etarra condamné notamment pour des tentatives d'assassinat, mais il pourrait rapidement être internationalisé.
La presse a évoqué la possibilité d'un départ vers la France ou encore le Venezuela, où vivraient d'autres anciens membres de l'ETA.

L'Audience nationale, juridiction spécialisée notamment dans les affaires de terrorisme, avait comptabilisé le temps passé en prison par Alberto Plazaola en France, où il avait été condamné pour appartenance à une association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste, pour le libérer.
L'Audience nationale s'appuyait sur une décision-cadre européenne imposant aux Etats membres la prise en compte des décisions de justice étrangères dans le calcul des peines. Mais cette interprétation de la décision européenne, dont ont profité plusieurs anciens membres de l'ETA ne faisait pas l'unanimité en Espagne, et avait été dénoncée par les associations de victimes du terrorisme.

Elle avait aussi été contestée par le Parquet. Saisi de divers recours, le Tribunal suprême a déjà cassé les décisions de l'Audience nationale concernant trois anciens membres de l'organisation séparatiste basque ETA, dont les attentats ont fait 828 victimes selon le ministère de l'Intérieur. L'ETA a renoncé définitivement à la violence en octobre 2011.