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En 2030, la région Nouvelle-Aquitaine sera la plus impactée par le manque d’eau

Stéphane Gilbert, fondateur d'Aquassay, lors d'une conférence au G7 / © Frederic Sudraud
Stéphane Gilbert, fondateur d'Aquassay, lors d'une conférence au G7 / © Frederic Sudraud

L’entreprise Aquassay Limoges était invitée au G7 de Biarritz qui s’est déroulé du 24 au 26 août 2019. Le message lancé par Stéphane Gilbert, le fondateur de cette société, est inquiétant.
 

Par Franck Petit

Quel est le message que vous avez voulu faire passer au G7 ?
La région Nouvelle-Aquitaine sera la région de France la plus impactée par le changement climatique. En 2050, les experts annoncent qu’il manquera environ 1,2 milliard de m³ d’eau par an à notre région pour faire fonctionner ses activités industrielles, la ville, l’agriculture etc…
2030, c’est demain. Il est donc très urgent de penser à la manière dont on va réorganiser la gestion de l’eau. le déficit est déjà de plus de 200 millions de m³ actuellement. (1)

Quelles sont les études qui permettent d’affirmer cela ?
Le rapport sénatorial de 2014, « eau : urgence déclarée »,  les dernières recherches de la banque mondiale ou de l’Unesco. La France va être l’un des pays les plus impactés par la crise climatique car il va pleuvoir de manière différente. Pas forcément beaucoup moins, mais avec des périodes plus longues où il ne pleuvra pas beaucoup. Ce qui va provoquer des baisses de niveau d’eau disponible durant les périodes estivales qui vont être problématiques. C’est déjà un peu le cas, mais le phénomène va s’amplifier.

Quelles vont être les conséquences pour la Nouvelle Aquitaine ?
Il va falloir faire des choix draconiens entre alimenter les usines, les champs, les populations ou refroidir les centrales nucléaires.

Que préconisez-vous ?
L’objectif est de faire de la performance des usages de l’eau à l’échelle des usines ou de la ville. Avant tout, il est indispensable de sortir d’un état d’esprit où l’on pensait l’eau inépuisable, inaltérable et gratuite. Il faut repenser les usages de l'eau pour les améliorer et ainsi réduire les consommations et les pollutions produites. Il faudra n’utiliser que l’eau qui est strictement nécessaire.
Une expérience a été menée par Limoges métropole. Elle n’a hélas pas été poursuivie. Mais le groupe Nestlé Waters va utiliser les capteurs que nous avons inventés pour mieux contrôler ses rejets industriels dans plus de 20 pays.
 


Est-ce qu’il faudra réglementer ou inciter à plus d’efficacité hydrique ?
Lors des chocs pétroliers, on a tous appris à éteindre la lumière en sortant de la pièce. Pour économiser l’eau, il faudra éduquer, former la population à couper l’eau de la douche quand on se savonne. On arrêtera de laver sa voiture l’été, ou de construire des piscines.
Les actions individuelles ont un sens, mais c’est bien les décisions d’investissement prises par les industriels et les politiques qui feront la différence. Il y a encore trop de fuites dans les réseaux d’eau potable. On parle de 25 à 40 % selon les zones, d’eau potable produite et qui  n’arrive pas chez le consommateur. C’est le sens de la création de la filière eau basée à Limoges et financée par la région Nouvelle Aquitaine.

Le manque d’eau va-t-il nuire à la bonne marche de l’économie ?
Le 20 août, la banque mondiale a publié un rapport selon lequel le problème de la qualité de l’eau va faire baisser la croissance mondiale de 30% d’ici une dizaine d’années. D’autres études indiquent que 45% du PIB mondial va être impacté par les problèmes d’eau d’ici 2050. Les enjeux économiques sont colossaux. C’est pour cela qu’au-delà de la simple bienveillance environnementale, les politiques s’y intéressent. Cet été, il y a eu des émeutes liée à l’eau en Inde, des soulèvements populaires massifs parce que des millions de personnes n’avaient plus accès à l’eau.

En 2013, Stéphane Gilbert a participé à un tedX où déjà, il avait alerté sur la problématique de l’eau :
 
tex X Stéphane Gilbert

(1)  source : https://www.nouvelle-aquitaine.fr/sites/alpc/files/2019-01/2019%2001%201...
(page 6)
 

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