BAFA : s'inscrire quand même, en attendant la réouverture des formations

Alors que le Premier Ministre annonce la réouverture des colonies de vacances, beaucoup de jeunes attendent de se former au BAFA pour devenir animateur en centres de vacances cet été. Un projet en plusieurs étapes suspendu depuis la crise sanitaire du covid-19. 
Groupe de stagiaires BAFA à Panazol Haute-Vienne en 2019
Groupe de stagiaires BAFA à Panazol Haute-Vienne en 2019 © Fabrice Maintoux CAC PANAZOL
La réouverture des colonies de vacances le 22 juin 2020 dans tous les départements, annoncée ce jeudi 28 mai par le Premier Ministre Edouard Philippe, pourrait rassurer Emma, qui veut devenir animatrice.

Emma a fêté ses 17 ans juste avant le confinement, le 22 février dernier. Elle était ravie de commencer sa formation BAFA pendant les vacances de Pâques. Mais le coronavirus a quelque peu perturbé ses projets. Ce premier stage prévu au mois d'avril a été annulé, ce qui ne lui permet plus d'envisager la partie pratique de la formation au mois de juillet prochain. Elle s'est résignée à reporter d'une année son projet de devenir animatrice en centres de loisirs l'été.

La crise sanitaire liée au covid-19 a durement impacté toutes les associations et structures de formations qui préparent au BAFA, - Brevet d’Aptitude aux Fonctions d’Animateur.

Les centres ont dû fermer leurs portes et annuler toutes leurs sessions de formations prévues en mars, avril, mai et même juin en attendant d'en savoir plus. Un impact conséquent puisque la demande d'inscriptions est extrêmement forte pendant les vacances de Pâques et pendant toute cette période qui précède le début des activités estivales dans les centres de vacances. La question se pose à présent sur le calendrier tel qu'il était fixé en juin, juillet et août... ces formations vont-elles pouvoir se tenir ?

Les organismes qui dispensent ces formations sont agréés et subventionnés par les ministères de l’Education nationale, de la jeunesse, des Sports et de la Vie associative, de l’Emploi, de la cohésion sociale et du Logement. Ils sont conventionnés avec les ministères de la Santé et des Solidarités, des Affaires étrangères, de la Culture et de la Communication.

Ce sont donc de ces ministères que les organismes attendent désormais les directives, et celles-ci les laissent perplexes, elles changent tous les jours constate Hubert Hurard, directeur de l'ENEP
 

J'ai reçu plusieurs circulaires par mail ces derniers jours, ça bouge tous les jours, hier nous avons appris que notre personnel passait en personnel prioritaire, ce qui nous laisse penser qu'il va pouvoir travailler à nouveau, donc ça sous-entend qu'on va pouvoir rouvrir... ça manque de cohérence, nous avançons pas à pas
 

Des contraintes sanitaires incompatibles avec les formations


La convivialité et la proximité des échanges est au coeur de ces formations au BAFA. Celles-ci cumulent pédagogie et projet d'éducatif.

Une formation BAFA est tout sauf de la distanciation, et toutes celles et ceux qui ont l'ont suivie le comprendront. Difficile dès lors pour ces organismes d'envisager ces stages avec toutes les contraintes sanitaires actuelles, notamment la distance physique recommandée d'un mètre entre chacun.

L'ENEP, l'Ecole Nationale d'Education Populaire, est basée à Panazol en Haute-Vienne. Depuis sa création en 2008, elle a formé plus de 380 professionnels de l’animation, titulaires des diplômes BPJEPS, DEJEPS et DESJEPS et, depuis 2015, près de 450 animateurs BAFA sur les trois départements du Limousin (centres de Guéret et de Brive).  L'offre de formations BAFA s’étend désormais sur la région Nouvelle-Aquitaine (centres de Bordeaux et La Rochelle). Pour son directeur, Hubert Hurard, même s'il est conscient du respect des gestes barrières, il sait que ce sera très compliqué de reprendre si ces conditions sanitaires sont maintenues.


Nous attendons d'en savoir plus sur la réouverture des centres de vacances. Celle des bars et restaurants va déjà nous donner un aperçu de la réalité du terrain. Nous devons avant tout assurer la sécurité de nos formateurs et de nos groupes, mais ça ne va pas être simple de concilier ces contraintes avec l'esprit BAFA, alors même que l'un de nos premiers objectifs est la cohésion du groupe.
 

S'inscrire quand même


Les équipes des organismes mettent tout en œuvre pour répondre aux questions des candidats. Ils organisent et préparent les prochaines formations, en espérant qu'elles puissent se tenir.

Pour les personnes s'étant déjà inscrites sur un des stages BAFA ou BAFD, il leur est proposé de consulter l’offre de formation afin d’envisager dès à présent un report sur les prochaines périodes.

Pour celles qui ne le sont pas encore, elles sont encouragées à le faire. Les demandes d'inscription sont enregistrées en listes d'attentes, premier arrivé premier inscrit...
 

Une formation en 3 étapes

Ouverts aux candidats et candidates dès 17 ans, ces stages rassemblent des jeunes mais aussi des adultes puisqu'il n'y a pas de limite d'âge. Ce sont des candidats en recherche d'emploi, des personnes déjà expérimentées dans l'enseignement ou l'éducation spécialisée, ou qui préparent des concours. Ce sont aussi les assistantes-maternelles puisque le BAFA leur est souvent demandé.

Pour participer à la formation générale BAFA, le candidat doit préalablement s'inscrire auprès du ministère 
Un numéro est alors délivré, à communiquer dans toutes les correspondances. Il faut avoir 17 ans au premier jour du stage de formation générale.

Le premier stage de 8 jours est suivi d'une pratique en centre de loisirs de 14 jours minimum. Un troisième stage de perfectionnement de 6 jours doit complèter la formation initiale pour prétendre à ce Brevet d'Aptitude aux Fonctions d'Animateurs.

La porte est alors ouverte aux fonctions d'animateur/animatrice en centres de vacances, première motivation des stagiaires pour leur job d'été.Les différents organismes de formation au BAFA (ENEP, L'UFCV, CEMEA, l'UCPA ... ) sont partenaires de la CNAF, du Conseil Régional Nouvelle-Aquitaine, des conseils départementaux, des villes, de mutualités, de la Caisse d'Allocations Familiales et de comités d’entreprises, ces derniers peuvent verser une aide financière au candidat pour s'acquitter du coût de la formation qui peut varier de 260€ à 600€ selon les organismes de formations et le régime demi-pensionnaire ou interne des candidats au BAFA.

A titre d'exemple, la région Nouvelle-Aquitaine propose une aide qui va de 150 à 400€ selon les dossiers.
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