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Bordeaux : le parquet général fait appel de la relaxe de deux châteaux qui avaient traité près d'une école

L'école primaire de Villeneuve-de-Blaye, jouxtée par des parcelles viticoles. / © GEORGES GOBET / AFP
L'école primaire de Villeneuve-de-Blaye, jouxtée par des parcelles viticoles. / © GEORGES GOBET / AFP

Le Parquet Général fait appel de la relaxe des deux châteaux du Blayais qui avaient épandu des fongicides le 5 mai 2014, à proximité d'une école, incommodant des élèves et une institutrice. La suite d'un combat judiciaire mené par une association de défense de l'environnement, la Sepanso. 
 

Par Christine Le Hesran

Le Parquet Général n'a pas voulu en rester là et fait donc appel. Les deux châteaux, poursuivis pour avoir procédé à des épandages en mai 2014, en lisière de l'école de Villeneuve de Blaye, ont été relaxés en première instance le 30 avril dernier.

" On s'en félicite " témoigne Daniel Delestre, le président de la Sepanso Gironde, association environnementale qui poursuit les châteaux. " Cette décision montre que le Parquet Général est en cohérence avec sa décision de relancer l'affaire l'année dernière. "

Nous, on pense que la vie de nos enfants vaut bien un procès. 

L'affaire à l'époque avait fait grand bruit quand 23 enfants et une institutrice avait été pris de picotements aux yeux, de maux de gorge, immédiatement après l'épandage de fongicides sur les vignes voisines. 
L'enseignante avait d'alleurs du être hospitaliséeet les enfants confinés dans l'école.


La réaction de Daniel Delestre recueillie par Jean-Pierre Stahl et Dominique Mazère ►

 

La Sepanso se félicite de l'appel du parquet général
Epandage de pesticides : le parquet général fait appel de la relaxe des deux châteaux.


Pourquoi une relaxe en première instance ? 


Le tribunal correctionnel a retenu à l'époque qu'il n'y avait pas de preuves suffisantes pour condamner les châteaux. A l'audience, la procureure Sandrine Ballanger avait conclu son réquisitoire en
soulignant qu'il n'y avait "aucune certitude sur le lien de causalité entre les épandages et les malaises". "Le doute doit donc profiter aux prévenus", avait-elle souligné en demandant la relaxe.

Les deux domaines d'appellation côtes-de-Bourg avaient traité ce jour-là leurs parcelles de vigne avec des produits autorisés, mais potentiellement toxiques.

Le château Castel La Rose, en agriculture conventionnelle, avait utilisé les fongicides Eperon et Pepper et le château Escalette, en "bio", avait épandu de la bouillie bordelaise, de l'Héliocuivre et de l'Héliosoufre S.
Ce jour-là, il y avait du vent et donc des restrictions d'utilisation des produits phytopharmaceutiques. Neuf stations météo en Gironde donnaient des mesures de 20 à 32 kilomètres à l’heure, mais à Villeneuve il n’y avait pas d’anémomètre, donc pas de preuve.
 

Le combat judiciaire continue


La Sepanso, à travers ce procès inédit dans le vignoble bordelais, a voulu "dénoncer les excès de la viticulture", en soulignant l'"extrême gravité de l'infraction". 
Daniel Delestre, de la Sepanso Gironde, estime qu'il est temps de faire la lumière sur ces pratiques : " C'est une affaire qui a dû mal à aboutir du au fait que la viticulture pèse un poids très lourd "

 

De non-lieu en plainte contre X, la procédure initiée en 2014 avait conduit au renvoi le 3 juillet 2018 des deux domaines viticoles. Après avoir initialement classé l'affaire sans suite, la justice avait fini par ouvrir une information judiciaire après une plainte contre X de la Sepanso et, fait inédit, avait mis en examen en octobre 2016 les deux châteaux.
 

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