• ECONOMIE
  • POLITIQUE
  • SOCIÉTÉ
  • FAITS DIVERS
  • SPORT
  • CULTURE

Abandon de l'A831 : la fronde des départements de Charente-Maritime et de Vendée

Le conseil départemental de Charente-Maritime, présidé par Dominique Bussereau, a signé une motion commune avec celui de Vendée pour s'opposer à l'abandon de l'A831. / © Yann Salaün. France 3
Le conseil départemental de Charente-Maritime, présidé par Dominique Bussereau, a signé une motion commune avec celui de Vendée pour s'opposer à l'abandon de l'A831. / © Yann Salaün. France 3

Après la nouvelle, qui n'est toujours pas officielle, de l'abandon du projet de l'A831, l'autoroute devant relier Fontenay-le-Comte à Rochefort, les départements de Charente-Maritime et de Vendée ont signé aujourd'hui une motion commune pour s'opposer à cette décision.

Par Christine Hinckel et Yann Salaün

Lundi dernier, après l'indiscrétion d'un député vendéen annonçant que François Hollande mettait fin au projet de l'A831, Dominique Bussereau, le président "Les Républicains" du conseil départemental de Charente-Maritime, s'était déclaré "furieux". Il avait été rejoint dans sa colère par Olivier Falorni, député radical de gauche de Charente-Maritime et tombeur de Ségolène Royal en 2012, et par Jean-François Fountaine. Le maire divers-gauche de La Rochelle mettait en cause le rôle joué par la ministre de l'Ecologie dans ce dossier en parlant de "décision en catimini".. 


La victoire de Ségolène Royal

Devant les élus du conseil départemental à La Rochelle, Dominique Bussereau a eu des propos très durs envers le gouvernement accusant "le premier Ministre de ne pas être maître de son gouvernement". Dans ce dossier en effet, Manuel Valls, partisan de la construction, s'opposait à Ségolène Royal, l'un et l'autre avançant tour à tour leurs cartes. Le premier Ministre avait redonner de l'élan au projet, en début d'année, en lançant un nouvel appel à candidatures pour la construction de l'autoroute. Une annonce allant à l'encontre des propos de Ségolène Royal qui avait déjà bloqué une première fois le dossier et qui avait déclaré "que cela l'étonnerait beaucoup que l'A831 soit construite". Aujourd'hui, la partie semble avoir été gagnée par la ministre de l'Ecologie. Ségolène Royal s'est toujours déclarée opposée à la construction de ce tronçon d'autoroute d'une soixantaine de kilomètres traversant le Marais Poitevin.


Une nécessité économique et de sécurité routière

Dans leur motion commune, les conseils départementaux de Charente-Maritime et de Vendée mettent en avant leurs arguments pour démontrer la nécessité de la construction de cette autoroute : sécurité routière, développement économique, desserte du port de La Rochelle et respect de l'environnement en particulier dans le Marais Poitevin.
Ils notent que :
  • L'A831 est essentielle contre "l'insécurité routière... notamment sur la RD137, axe trois fois plus accidentogène que la moyenne".
  • Que l'A831 est vitale pour le développement économique du bassin de Fontenay-le-Comte et pour la desserte du port de La Rochelle, "seul Grand Port Maritime français non desservi par une autoroute."
  • Ils déclarent enfin que l'A831 remplit "toutes les conditions exigées par le protection du Marais Poitevin" et que "la nécessaire préservation de nos milieux naturels ne doit pas conduire à la vitrification de nos territoires".

"Une querelle personnelle" pour Ségolène Royal

Dans cette motion, élus charentais-maritimes et vendéens considèrent que la Ministre de l'Environnement, Ségolène Royal, "mène contre l'autoroute une querelle personnelle qui s'oppose à l'intérêt général." Lundi déjà, Dominique Bussereau et Jean-François Fountaine avaient parlé de "vengeance" en faisant référence aux revers électoraux subis par Ségolène Royal à La Rochelle.


Trahison et mépris

Les élus se disent enfin "trahis et méprisés par le pouvoir parisien". 
Cet après-midi, devant l'assemblée de Charente-Maritime, Dominique Bussereau a proposé "de demander à l'Etat la construction d'une voie express 2X2 voies à ses frais" alors que l'A831 bénéficiait de financements conjoints.

"Nous sommes en présence d'un mensonge d'état, d'un déni de la parole publique" s'est insurgé le président du conseil départemental.


 


A lire aussi

Sur le même sujet

Le premier cognac périgourdin à Saint-Aulaye

Les + Lus