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Oléron : les ostréiculteurs confrontés à une forte mortalité des huîtres

La France, premier pays conchylicole d'Europe, a vu sa production d'huîtres fondre de 60% depuis 2008. A Oléron, les ostréiculteurs constatent les dégats sans pouvoir les expliquer. Pour autant les huîtres ne devraient pas manquer sur les tables des fêtes de fin d'année.

Reportage d'Elise Laperdrix, Patrick Mesner et D. Vador.
Oléron n'est pas la seule concernée. Cette surmortalité des huîtres touche l'ensemble des régions du monde où existe cette activité, sans qu'une cause précise ait été identifiée jusqu'à présent. Les professionnels ont d'ailleurs en mémoire des espèces qui ont tout bonnement disparu, comme l'huître portugaise dans les années 1970.

Cette année encore, les ostréiculteurs de Marennes-Oléron sont violemment touchés par un taux de mortalité de leurs huîtres de trois ans qu'ils doivent commercialiser dans les semaines qui viennent. La responsable est une bactérie mortelle. Appelée Vibrio aestuarianus, elle entraîne des taux de mortalité allant de 15 % à 65 % dans certains parcs.

Pas d'explications satisfaisantes


L'huître serait-elle en mer l'équivalent de l'abeille sur terre, victime comme elle d'un éventail de maux liés à une dégradation de l'environnement ?Augmentation de la température de l'eau liée au réchauffement, pollutions – notamment celle liée aux produits anti-algues présents sur les bateaux–, virus d'herpès… Peut-être mais pas suffisant pour expliquer l'hécatombe.

Une autre hypothèse est avancée : l'espèce mise au point par l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer) – l'huître triploïde ((huîtres de laboratoire, stériles, nées en écloseries et pas en milieu naturel) – consommable toute l'année, n'aurait-elle pas fragilisé tout le cheptel ? Les responsables de l'Ifremer réfutent l'argument en expliquant que les triploïdes ne peuvent intervenir sur la durée de vie des huîtres sauvages...

Bref, la polémique bat son plein.

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