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Les huîtres adultes touchées par un taux de mortalité sans précédent

Inquiétude chez les ostréiculteurs de Charente-Maritime qui constatent un taux énorme de mortalité dans les stocks d'huîtres marchandes. Les responsables de la filière assurent que pour autant les prix n'augmenteront pas à l'approche des fêtes de fin d'année. Vraiment ?
Tous les bassins de production français sont touchés par cette mortalité, de la Normandie à la Méditerranée
Tous les bassins de production français sont touchés par cette mortalité, de la Normandie à la Méditerranée © Maxppp
Un nouveau coup dur pour la profession ? A l'évidence, selon Laurent Chiron, vice-président du Groupement Qualité de Marennes-Oléron. "La mortalité des huîtres marchandes est réelle, dit-il, mais ce n'est pas une surprise car ce phénomène avait démarré dès l'année dernière".

Les ostréiculteurs de Marennes-Oléron sont violemment touchés par un taux de mortalité de leurs huîtres de trois ans qu'ils s'apprêtaient à commercialiser dans les semaines qui viennent. La responsable est une bactérie mortelle. Appelée Vibrio aestuarianus, elle entraîne des taux de mortalité allant de 15 % à 65 % dans certains parcs.

L'inquiétude des ostréiculteurs est réelle. "Quand nous avons eu des problèmes de mortalité avec nos huîtres juvéniles, rappelle Laurent Chinon, la situation était moins grave car nous avions deux ou trois années pour nous retourner. Là, ce sont deux à trois ans de trésorerie qui s'envolent avant la fin de l'année 2013".

C'est de bonne guerre, la filière ostréicole va donc se tourner vers les pouvoirs publics pour demander des mesures d'accompagnement et des crédits assouplis. Pour autant, la filière ne devrait pas répercuter la rareté du produit sur le prix à la vente. "Pas question, jure Laurent Chiron, car nos prix ont déjà augmenté ces deux dernières années et continuer encore ferait décrocher de nombreux consommateurs..."

Situation tendue, donc, qui en cache peut-être une autre de nature tout à fait différente mais néanmoins préoccupante. Marennes-Oleron voit toute une partie de ses anciens parcs à huiîtres abandonnés rachetés par de nombreux ostréiculteurs venus du Portugal, d'Italie ou de Bretagne. Ces nouveaux venus installent des quantités de capteurs avec le risque d'entraîner une surproduction d'huîtres d'ici quelques années.

Si les quantités explosent, on se retrouverait alors avec un marché saturé. Les prix pourraient alors descendre de manière significative. 







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