Tempêtes et grandes marées : les inondations à répétition inquiètent les ostréiculteurs

Les phénomènes météorologiques de submersion se multiplient ces derniers mois sur la façade atlantique. Les ostréiculteurs, dont les établissements se retrouvent inondés et l'activité menacée, s'en alarment à l'approche de la prochaine grande marée du 12 mars prochain.

Parpaings et palettes font désormais partie des équipements indispensables aux ostréiculteurs. Pour surélever et sauver leur matériel électrique pendant les épisodes de submersion.

"La seule manière de se protéger, c'est de surélever les machines qui nous servent à préparer et conditionner les huîtres" explique Laurent Chiron, ostréiculteur à l'Eguille-sur-Seudre. "Sinon, le matériel est noyé, inutilisable, et ça entraîne des coûts financiers importants."

La Seudre, fleuve côtier sur cette carte, accueille le bassin ostréicole de Marennes d'Oléron. 

Des épisodes de plus en plus fréquents

Conjonction de fort coup de vent et de gros coefficient de marée, le phénomène de submersion n'est pas nouveau. Mais c'est l'augmentation de sa fréquence qui inquiète les ostréiculteurs. Ces derniers mois en Charente-Maritime, des exploitations ont été inondées par deux fois, en octobre puis en février. Et la prochaine grande marée du 12 mars prochain, avec un coefficient de 117, laisse envisager un nouveau risque de submersion.

"Dans ma famille on est ostréiculteur depuis cinq générations. J'ai toujours connu des grandes marées qui apportaient de l'eau, mais des submersions exceptionnelles, jusqu'à présent, on n'en avait connu que deux en 20 ans. Et là on en a eu deux en six mois, en octobre et en février. Le rythme n'est plus le même. On comprend bien ce que ça veut dire le changement climatique" raconte Laurent Chiron.

Si on a du temps pour s'adapter, on s'adaptera, mais aujourd'hui, on a un doute sur le temps dont on dispose.

Laurent Chiron

Président du groupement des ostréiculteurs de Marenne d'Oléron

Président du groupement des ostréiculteurs de Marenne d'Oléron, Laurent Chiron explique que pour faire face à ce phénomène, depuis 35 ans de nombreuses exploitations ont rehaussé leurs bâtiments.
"Aujourd'hui, on voit bien qu'avoir remonté les bâtiments de 40 centimètres ne nous épargne plus. On ne va pas pouvoir les rehausser indéfiniment" s'alarme-t-il. "Notre métier nous oblige à travailler sur le trait de côte. C'est le bord de côte qui va souffrir le premier de la montée des eaux. Mais nous on ne peut pas s'installer ailleurs."

Peu de danger pour les parcs à huîtres

"Pour les marais et les claires d'affinage, ce n'est pas très grave, on sait que l'eau va s'évacuer assez rapidement, explique Laurent Chiron. Tant qu'ils sont submergés, les parcs à huîtres sont à l'abri. Le seul risque, c'est si la tempête se lève à marée basse, et que l'eau remonte violemment. Là, ça peut faire des dégâts".

Un inventaire en cours

Afin de mesurer l'ampleur de la menace pour la profession, et envisager des solutions, un inventaire des établissements régulièrement submergés est en cours. Le comité régional de conchyliculture de Charente-Maritime constitue une banque de données photographiques, et a chargé une de ses élus du dossier " submersion et trait de côte", qui préoccupe l'ensemble de la filière ostréicole.