AVANT-APRES. En 2100, voilà à quoi ressemblerait La Rochelle après la montée des eaux

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C’est un rapport inquiétant qu’a publié le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec). Il lance une nouvelle alerte sur les impacts du réchauffement climatique sur l'océan et la cryosphère.

Par Lionel Gonzalez

Ce rapport montre que le niveau des mers et océans monte plus de deux fois plus vite qu'au XXe siècle. De plus, les océans se réchauffent, s'acidifient et produisent de moins en moins d'oxygène, ce qui nuit à la vie sous-marine.

A l'issue d'une réunion marathon de cinq jours à Monaco, le groupe d'experts climat de l'ONU relève que certains impacts dévastateurs du changement climatique sont déjà "irréversibles".

Deux jours après le sommet climat de New York qui n'a pas suscité l'impulsion espérée, ce rapport souligne toutefois que réduire les émissions de gaz à effet de serre pourrait faire une vraie différence.

Les modifications de l'océan ne s'arrêteront pas soudainement en baissant les émissions, mais leur rythme devrait être ralenti. "Ça permettrait de gagner du temps", souligne la climatologue Valérie Masson-Delmotte, qui a participé à la rédaction du document de 900 pages.

Le niveau des océans s'accroit aujourd'hui 2,5 fois plus vite qu'au XXe siècle où il avait pris 15 cm, et cette hausse va encore s'accélérer.

Au total, selon le rapport, plus d'un milliard de personnes vivront d'ici le milieu du siècle dans des zones côtières peu élevées particulièrement vulnérables. Et même dans un monde à +2°C, de nombreuses mégapoles et petites îles devraient être frappées d'ici 2050 au moins une fois par an par un événement extrême qui ne se produisait jusqu'alors que tous les cent ans.

AVANT-APRES. Ci-dessous, voici la carte de la montée des eaux sur les côtes rochelaises

► Balayez la carte ci-dessus avec le curseur pour voir AVANT-APRES

Le monde s'est engagé en 2015 dans l'accord de Paris à limiter le réchauffement à +2°C, voire +1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle, en réduisant les émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines.

Les océans, qui couvrent plus de 70% de la surface du globe, ont absorbé environ un quart de ces émissions et 90% de la chaleur supplémentaire générée par le CO2 produit par l'Homme. Les conséquences sont déjà palpables (hausse de la température de la mer, acidification, perte d'oxygène) mais le Giec prévoit que les océans aspirent 2 à 4 fois plus chaleur d'ici 2100, dans un scénario optimiste.

Ce rapport adopté par les 195 Etats membres du Giec est le quatrième opus scientifique de l'ONU en un an à tirer la sonnette d'alarme sur les impacts du dérèglement climatique et à pointer des pistes vers les façons d'y remédier ou au moins les limiter.

Les engagements internationaux actuels, s'ils étaient respectés, conduiraient à un monde à +3°C.

VIDEO. Un mètre d'eau en plus d'ici à 2100
Voici les conséquences sur six villes et régions du monde (source : France Info)

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