"C'est un plaisir de travailler sur une pièce historique" : 100 000 euros pour sauver le Saint-Anne III, un voilier de 90 ans

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En soutien au patrimoine maritime, l'État a récemment accordé une subvention de 100 000 euros au chantier Despierres à La Rochelle, pour la restauration du Saint-Anne III. Ce voilier des années 30 et survivant de la Seconde Guerre mondiale devrait retrouver une seconde vie dans des projets associatifs.

Pour ses 90 ans, elle se refait une santé. Le fond d’intervention maritime vient de doter le chantier Despierres d’une subvention de 100 000 euros pour restaurer Saint-Anne III, un bateau de plaisance des années 30. C’est l’un des cinq lauréats en Nouvelle-Aquitaine.

Et les travaux sont importants. "Il y a beaucoup à faire, le bateau n’a pas eu de grosses restaurations en 90 ans. On a pas mal de boulot et de choses à revoir. Toute l’électricité est à refaire. Le moteur est de 1955 et il faut le remplacer, sans parler des parties en bois. Le pont doit aussi être changé", détaille Nicolas Chanteloup, propriétaire du bateau.

Un beau défi pour les employés du chantier Despierres, ravis de travailler sur une pièce historique. "C’est intéressant de travailler sur ce bateau. C’est un plaisir, on ne voit pas ça tous les jours. Ce n’est pas simplement une petite révision. On a fait des gros travaux sur la structure. On a dû restaurer le plancher pour qu'il soit adapté aux nouvelles pièces qu’on a ajoutées", explique Rodrigue Chanton, charpentier de marine.

Un chantier d’envergure pour sauvegarder ce patrimoine flottant

Au fil des ans, le bateau a subi quelques modifications. "On va revenir un peu en arrière, à l'origine du bateau. Par exemple, on va remettre une barre franche comme à l’époque. On espère que tout ça va permettre au bateau de repartir pour j’espère 90 ans", ajoute Nicolas Chanteloup.

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Un Yawl destiné à la vie associative

Le Saint-Anne III est entouré d'un projet solidaire. Une fois la restauration achevée, il sera prêté à des structures associatives pour servir à des projets en lien avec la mer. "De ce que je vois, il y a beaucoup d’associations en lien avec la mer qui n’ont pas de bateaux pour pouvoir mettre en place leur projet, ou elles ont un bateau, mais des problèmes de budget pour l’entretenir."

"L’idée avec le Sainte-Anne III, c’est d’avoir un projet avec plein de casquettes et qui servent un maximum", souligne Nicolas Chanteloup. "On veut mutualiser le bateau. On veut lui donner une seconde, une troisième ou une quatrième vie, une opportunité de naviguer à nouveau sur la façade atlantique."

Un bateau survivant de la Seconde Guerre mondiale

Le Saint-Anne III est un yawl fabriqué à Arcachon en 1933, construit au chantier Auroux. C'est un bateau "aux formes très pleines, à la flottaison longue et aux lignes de carènes tendues, particulièrement adapté à la croisière et à la plaisance confortable", détaille le musée maritime de La Rochelle.

Il a connu six propriétaires depuis 1937, et est protégé au titre des monuments historiques depuis le 28 décembre 2011. "Il a une histoire de bateau classique. Pour la petite anecdote, c’est un bateau qui a été protégé en Angleterre pendant la Seconde guerre mondiale."

Plusieurs associations se sont intéressées au potentiel de Saint-Anne III, capable d’héberger huit personnes et d’offrir une expérience de découverte, de réinsertion ou d’apprentissage. Le yawl devrait retrouver l’eau au printemps 2024, si le propriétaire retrouve le complément de budget qui manque pour aller au bout du projet.

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