Charente-Maritime : 14 tonnes de tabac de contrebande partent en fumée

C'est en mars dernier sur l'autoroute A 10 que les douaniers avaient effectué cette saisie record. Ces caisses de tabac ont été incinérées à l'école des douanes de la Rochelle cet après-midi.
Dans ce camion immatriculé en Espagne, les douaniers ont découverts 14 tonnes de tabac manufacturé.
Dans ce camion immatriculé en Espagne, les douaniers ont découverts 14 tonnes de tabac manufacturé. © L.Gazar - France Télévisions

C'est lors d'un contrôle banal comme ils en effectuent quotidiennement sur les axes routiers de l'Hexagone que les douaniers ont découvert cette cargaison record. C'était en mars dernier sur une aire de repos de l'autoroute A 10. Sur les papiers présentés par le chauffeur portugais, il était indiqué qu'il transportait des emballages cartons. Certes, mais pas que...

"C’est du tabac manufacturé qui peut être utilisé pour la confection de cigarettes probablement dans un atelier clandestin quelque part dans le sud de l’Europe", indique Giselle Clément, directrice régionale des douanes de Poitiers, "ce camion venait de Belgique et partait vers l’Espagne selon les documents commerciaux produits par le chauffeur à l’occasion du contrôle. Vu la quantité, il s’agit probablement d’un réseau important et on se félicite d’avoir pu réaliser ce flagrant délit. C’est rare d’avoir de telles quantités".

Officiellement, ce camion immatriculé en Espagne transportait des cartons d'emballage.
Officiellement, ce camion immatriculé en Espagne transportait des cartons d'emballage. © L.Gazar - France Télévisions

C'est donc avec un dispositif ultra sécurisé que l'incinération de la marchandise a été effectuée cet après-midi à l'école des douanes de La Rochelle. Evidemment, une enquête judiciaire est en cours ce qui explique le délai entre la saisie et la destruction du produit. "Il nous fallait attendre que le magistrat nous donne l’autorisation de le brûler mais, vu la valeur de la marchandise, nous sommes très satisfait de ne plus avoir la charge de la garde de ce tabac", confirme Giselle Clément, "il peut y avoir des gens qui sont intéressés par ce genre de cargaison".

Jacky Revillé, président de la chambre syndicale des buralistes, inspecte la marchandise.
Jacky Revillé, président de la chambre syndicale des buralistes, inspecte la marchandise. © L. Gazar - France Télévisions

"Ces gens" sont aussi de nature à inquiéter Jacky Revillé. En professionnel, le président de la chambre syndicale des buralistes de Charente-Maritime examine la marchandise. "C’est un tabac blond, un produit propre qui est bien travaillé. C’est curieux", explique-t-il, "j’oserai dire que c’est pratiquement aussi bien fait que chez nos industriels habituels. Ca a été fait avec du matériel performant. C’est malheureux à dire, mais c’est un beau produit et ça me gêne beaucoup. Pour identifier ce type de produit en vrac sur un marché, il faut être un expert".

Cette saisie record ne fait que confirmer les derniers chiffres sur l'ampleur de cette concurrence déloyale pour tous les buralistes de France. Le tabac de contrebande représente aujourdhui 30,2 % de la consommation. En grande partie, il s'agit de cigarettes achetées en duty free ou sur des marchés parallèles dans les pays de l'Est. Mais un quart de ce tabac est, comme celui qui vient d'être saisi, du tabac de contrefaçon.

En temps normal, les douanes régionales de Poitiers saisissent entre 3 et 5 tonnes de tabac de contrebande par an.
En temps normal, les douanes régionales de Poitiers saisissent entre 3 et 5 tonnes de tabac de contrebande par an. © L.Gazar - France Télévisions

"Les gens qui mettent en place un tel système de traitement mécanique du tabac à l’échelle industrielle, ce ne sont pas des débutants", constate Jacky Revillé, "ce n’est pas le bricoleur du dimanche qui peut faire ça dans son garage. On a à faire à une mafia qui a très certainement racheté de vieilles machines auprès d’industriels et qui ont construit des usines clandestines. Mais c’est très inquiétant vu les volumes qu’ils sont capables de traîter".

La valeur de la marchandise est évaluée, toutes taxes comprise, à environ dix millions d'euros. 

 

 

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