Congrès sur le SIDA à La Rochelle: les progrès scientifiques sont là, mais les contaminations ne baissent pas assez

Le congrès national de la Société Française de Lutte contre le SIDA s'est tenu à La Rochelle. Si les progrès de la science sont considérables, le nombre de contaminations ne baisse pas assez en France, notamment.
Le dépistage n'est pas suffisant en France
Le dépistage n'est pas suffisant en France © Aurélien Morissard, MaxPPP
Des médecins, des chercheurs, des sociologues, des militants associatifs, la Société Française de Lutte contre le Sida est en congrès à La Rochelle. Et la question qui préoccupe les participants cette année, c'est la baisse insuffisante du nombre des contaminations. Chaque année 6000 personnes découvrent leur séropositivité dans notre pays. En 2018, on a cependant enregistré une baisse de 7% , un bon point mais qui reste encore insuffisant. Dans des villes comme Londres ou San Francisco on frise les 50% de baisse.

La faute à qui ou à quoi? Sans doute un manque de communication sur le dépistage et la nécessité de connaitre son statut sérologique. En France en 2018 on estimait à 24 000 le nombre de personnes vivant avec le VIH sans le savoir, et pouvant donc transmettre la maladie.   
Beaucoup de personnes en grande précarité ne se font pas dépister non plus. 

Quand on ne sait pas ce qu'on va manger, ni où on va dormir le soir, la question du dépistage n'est pas prioritaire. Xavier Pouget-Abadie, médecin infectiologue.

 

Des avancées scientifiques et médicales importantes


Pourtant,depuis 10 ans, la lutte contre le SIDA a  fait des progrès considérables. Les tri-thérapies administrées aux personnes porteuses du virus permettent de vivre normalement et surtout garantissent une espérance de vie presque identique que celle des personnes non infectées. Comme l'explique le docteur  Xavier Pouget-Abadie, infectiologue et responsable du Centre Gratuit d'Information, de Dépistage et de Diagnostic de La Rochelle: 

Cétait inimaginable pour les gens qui vivaient avec le VIH dans les années 80-90. Xavier Pouget-Abadie médecin infectiologue

La PrEP, prophylaxie pré-expostition : une solution encore trop peu utilisée


Il existe désormais un traitement qui permet de ne pas se faire infecter en cas de rapports avec une personne séro-positive: la PrEP, prophylaxie pré-exposition. C'était au départ un des médicaments administrés dans les tri-thérapie, mais on l'utilise aujourd'hui de façon préventive, soit en traitement continue, soit de façon ponctuelle avant un rapport sexuel.
12 000 personnes sont sous PrEP en France, des hommes ayant des rapports avec des hommes pour la très grande majorité. Pour une réelle efficacité, il en faudrait 30 0000. Les médecins se rendent compte par exemple que plusieurs catégories de personnes n'y ont pas recours : les femmes hétérosexuelles, les échangistes, les travailleurs et travailleuses du sexe, les migrants. 

En attendant que la PrEP gagne plus de terrain en France et dans le monde, le préservatif reste le moyen le plus efficace de se protéger du SIDA et des infections sexuellement transmissibles.
 
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