Nouveau défi de Philippe Croizon : faire le Dakar 2024 à bord d'un véhicule qui roule à l'hydrogène

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Philippe Croizon, l'aventurier amputé des quatre membres installé à La Rochelle, se lance dans un nouveau défi : conduire un véhicule électrique hydrogène lors du Dakar 2024. Il s'est associé à l'entreprise française GCK (Green Corp Konnection) spécialisée des les véhicules "verts".

Relever des défis est devenu la marque de fabrique, le moteur, l'ADN de Philippe Croizon. A 54 ans, il vient d'annoncer un nouveau challenge : être le premier homme à faire le Dakar à bord d'un véhicule électrique qui roule à l'hydrogène. L'objectif est fixé pour le départ de janvier 2024 et d'ici là, le travail s'annonce intense et immense.

"Depuis ma première course en 2017, je ne songeais qu'à y retourner, dans d'autres conditions. Je me suis rapidement intéressé à la technologie de l'hydrogène. J'ai beaucoup lu sur le sujet ", explique l'aventurier amputé des quatre membres. "J'ai même essayé de convaincre la Fédération Internationale de l'Automobile de tenter cette course avec ce genre de véhicule. Mais en 2017, c'était trop tôt".

Cinq ans plus tard, les mentalités ont évolué, la technologie a progressé, l'économie a changé et les moteurs thermiques sont dans le viseur et voués à l'extinction en 2035 en Europe. Les voitures électriques ont plus que jamais la cote. Mais si les particuliers y voient leur avenir, en course automobile cela reste compliqué et confidentiel, notamment sur le Dakar. Lors de la dernière édition, trois véhicules hybrides avaient concouru. 

Philippe Croizon a l'idée et la motivation mais il lui faut un constructeur. C'est là qu'intervient GCK (Green Corp Konnection), un écosystème français de sociétés industrielles spécialisées dans la décarbonation des transports. Son fer de lance ? L'hydrogène. 

La rencontre entre Philippe Croizon et GCK a eu lieu l'été dernier. "Nous avons été séduits par la personnalité et le parcours de Philippe", explique Sébastien de Chaunac directeur marketing et communication pour GCK. "Là, on se lance dans un double défi, la technologie pure de la voiture et l'adaptation au handicap de Philippe". 

Au Dakar 2022, l'entreprise a présenté un prototype statique de cette voiture électrique hydrogène. Maintenant il faut la faire rouler et surtout l'alimenter régulièrement. "Il faut recharger tous les 300 kms, quand le réservoir est plein, soit deux fois plus d'autonomie qu'une voiture 100% électrique", précise Sébastien de Chaunac. Oui, encore faut-il pouvoir se ravitailler en hydrogène au milieu du désert et pour l'instant le problème n'est pas résolu...

GCK n'a pas vraiment l'ambition de remporter le Dakar 2024. "Notre objectif est de démontrer que l'hydrogène est une superbe énergie pour les véhicules lourds". Une preuve par l'exploit pour démontrer l'intérêt du cœur de métier de GCK, à savoir rétrofiter (transformer des voitures thermiques en voitures électriques) des camions, bus, ou même des dameuses ! "Nous ne sommes pas sur le marché des voitures de particuliers, d'autant que pour eux le marché est axé sur l'électrique, pas sur l'hydrogène", conclut Sébastien de Chaunac.

Les prochains mois vont être cruciaux pour trouver la bonne équation entre la maniabilité, la fiabilité et le coût. "Nous utilisons le châssis DKR de Peugeot qui a remporté le Dakar en 2018, et nous l'adaptons à la technologie de l'hydrogène. L'enjeu est de préparer ce châssis pour aller sur les routes les plus escarpées pour faire face aux dunes et aux pierres. Quant au prix, l'adaptation a un coût mais moins que la construction au départ ", précise le directeur du marketing et de la communication de GCK.

GCK affirme par ailleurs qu'un réservoir d'hydrogène (gaz inflammable) ne présente pas plus de danger qu'un réservoir d'essence. Le réservoir et les matériaux utilisés seraient adaptés. 

Le défi s'annonce immense, l'occasion de vérifier (ou pas) que la devise "tout est possible" de Philippe Croizon fonctionne.  

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