Voile : à La Rochelle, les multicoques Ocean Fifty font le spectacle

Trop longtemps ignorés du grand public, les Multi 50 changent de nom et s'inventent une nouvelle vie. Les Ocean Fifty, trimarans ultra performants, s'affrontent désormais sur une compétition en cinq étapes. Après Brest la semaine dernière, La Rochelle accueille le deuxième épisode de la course.

Brest avait réservé des conditions plus que musclées pour la première étape du Pro Sailing Tour
Brest avait réservé des conditions plus que musclées pour la première étape du Pro Sailing Tour © J. Vapillon

En 2014, Erwan Le Roux remporte la mythique Route du Rhum et bat le record de la traversée sur son trimaran. Malheureusement, les médias nationaux ne se souviendront, au mieux, cette année-là que de la victoire de Loïck Perron avec son Ultime et de François Gabart sur son Imoca. Le Multi 50 n'est pas encore sur les radars du grand public. Désormais président de la classe, le Breton espère bien que ce Pro Sailing Tour va changer la donne.

"La classe Ocean Fifty est connue dans le milieu de la course au large, mais il faut désormais la faire connaître au grand public", explique le skippeur de "Ciela-Village" à nos confrères du Monde, "il fallait pour cela inventer une course à nous. Les Imoca ont leur Vendée Globe, les Ocean Fifty ont, désormais, leur Pro Sailing Tour".

Un nouveau circuit donc, mais aussi un nouveau nom, Ocean Fifty, et surtout un nouvel organisateur, la société de production Upswing Prod. A sa tête, Edouard Mauriat, producteur doublement "césarisé", Julien Mauriat, ancien directeur général de la Fédération Française d'Athlétisme et Charles de Raincourt, spécialiste d'événementiel et de marketing sportif. De l'image, de la performance et une nouvelle visibilité, c'est la promesse portée par ce trio.

Un cameraman est embarqué sur chacun des voiliers, plusieurs équipes "à terre" et sur des bateaux accompagnateurs filment la compétition en immersion, comme on dit dans le métier. A bord, tous les marins sont équipés d'un micro et un système de captation du son et de l'ambiance a été mis au point pour vivre la course au plus près. Le tout donnera une série de cinq documentaires qui seront diffusés sur Canal Plus.

"Notre proposition, c’est d’apporter un nouveau regard sur la voile de compétition, un regard différent de ce qui se faisait jusqu’à présent sous forme de clips promotionnels ou institutionnels", explique Julien Mauriat, "on voulait raconter des histoires de marins et d’équipages et les transmette au grand public.  Pour ça, quoi de mieux que de les mettre dans des conditions d’intensité de compétition les plus fortes possible. On a donc travaillé avec la classe et les skippeurs pour monter ce nouveau circuit".

Le défi est de taille car, en voile, on le sait, le scénario n'est jamais écrit d'avance. A cet égard, le premier rendez-vous brestois a été plutôt fort en émotions avec, d'emblée, un démâtage spectaculaire de Sébastien Rogues sur "Primonial". Chaque étape se compose d'un parcours offshore de 24 heures et de huit manches de régates côtières. A ce petit jeu, c'est Sam Goodchild sur "Leyton" qui a remporté six des sept manches disputées (météo oblige). A son bord, des équipiers de luxe comme Thomas Coville ou le Rochelais Aymeric Chappellier.

Aymeric Chappellier (à droite sur la photo) à bord de "Leyton"
Aymeric Chappellier (à droite sur la photo) à bord de "Leyton" © M.Viezzer/Leyton Sailing Team

"Ces résultats ne reflètent pas vraiment la réalité de la bagarre sur l'eau", nous confie Aymeric en approche de son port d'attache La Rochelle, "c'est très physique et cinq équipiers à manoeuvrer sur un cinquante pieds, c'est le minimum. Il faut être bien coordonné. Au niveau performance, c'est plutôt serré entre tous les bateaux. On peut quand même atteindre les 40 noeuds (75 km/h) selon les conditions".

Les six Ocean Fifty engagés quitteront le bassin des chalutiers de La Rochelle jeudi à 17h30 pour une première régate de 24 heures et s'affronteront samedi et dimanche dans les pertuis charentais. Ils partiront ensuite vers les Canaries et Marseille. Le final partira de Toulon début août pour un ultime run jusqu'à Brest. 

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