Quatre ans après l'accident mortel de car scolaire à Rochefort : une nouvelle réglementation pour éviter un tel drame

Le 11 février 2016, six adolescents ont perdu la vie dans leur car scolaire, cisaillé par la ridelle ouverte d’un camion-benne. Quatre ans après, alors que les familles des victimes attendent toujours le procès, de nouvelles réglementations devraient voir le jour pour éviter un tel drame.


 
Le 11 février 2016, la police scientifique effectue des relevés sur le car accidenté.
Le 11 février 2016, la police scientifique effectue des relevés sur le car accidenté. © XAVIER LEOTY / AFP
Quatre ans après l'accident de car scolaire qui avait provoqué la mort de six jeunes, les familles sont toujours dans l'attente d'un procès.
Le dossier est en cours d'instruction, aucune date n'a été fixée pour l'audience qui doit se dérouler devant le tribunal correctionnel de La Rochelle.

On n'a pas d'évolution dans le dossier, ça suit son cours à l'instruction mais il n'y a pas d'évolution qui permette au juge d'instruction de clôturer le dossier. En tant que victimes, mes clients sont en grande souffrance, le fait de ne pas avoir de décision sur les responsabilités est difficile, ils aimeraient savoir,
-Maître Céline Tixier, avocate des parties civiles.

Une limitation de la vitesse et un dispositif visuel ou sonore en cabine

Frédérique Tuffnell qui avait déposé une proposition de loi relative à la sécurité des véhicules lourds équipés de ridelles, se réjouit de l'avis du Journal Officiel qui devrait être publié fin février. 
Selon la députée de Rochefort, cet avis va inciter les fabricants et les utilisateurs à sécuriser les ridelles lorsqu'elles sont ouvertes.
Bien que basé sur le volontariat, cet avis prévoit, pour les fabricants de véhicules neufs, une adaptation de la vitesse à 15 kilomètres heure pour les véhicules dont la ridelle est ouverte. Cette mise en sécurité devrait être effective dans les douze mois après la publication.
Un dispositif visuel ou sonore devrait par ailleurs être installé dans la cabine du conducteur dans un délai de six mois après la publication de l'avis. 

Que l'on soit arrivé à un avis au Journal Officiel cette année, même quatre ans après, c'est déjà pas mal, on y arrive enfin, c'est quand même fortement incitatif, se réjouit Frédérique Tuffnell, députée.

Les explications de Frédérique Tuffnell, députée de la première circonscription de Charente-Maritime au micro de Yann Salaün.
 

durée de la vidéo: 04 min 49
Accident de car

 

Les circonstances de l'accident

Il est 7h20, le 11 février 2016, lorsqu'un car scolaire de la compagnie "Les Mouettes" qui relie Saint-Pierre d'Oléron à Surgères quitte la gare SNCF de Rochefort. Il transporte 15 adolescents scolarisés dans divers établissements de Surgères. Le car doit contourner le port de commerce mais le pont qu'il franchit habituellement est fermé à la circulation pour laisser entrer un bateau dans le bassin n°3. Le chauffeur emprunte alors l'avenue Victor-Louis Bachelar, c'est là qu'il croise quelques dizaines de mètres plus loin, le camion de la société Eiffage Travaux Publics. Une pièce métallique dépassant horizontalement du camion benne de 13 tonnes vient faucher le bus.  La ridelle, une paroi métallique qui retient le chargement, était ouverte à 90 degrés.
Cette ridelle avait cisaillé le côté gauche de l’autocar dans quasiment toute sa longueur.
L’accident avait fait six morts, six jeunes garçons âgés de 15 à 18 ans, et deux blessés. Sept autres adolescents en étaient sortis indemnes.
La ridelle gauche a cissaillé le car sur toute sa longueur.

 Reportage de Yann Salaün, Stéphane Hamon et Nadine Pagnoux-Tourret :
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