"Au moins 40 annonces à pourvoir en Charente-Maritime". Un CAP broderie automatisée à Rochefort pour pallier le manque de main-d'œuvre du secteur

durée de la vidéo : 00h01mn41s
Le lycée Gilles Jamain de Rochefort a ouvert à la rentrée dernière un CFA broderie automatisée. Une formation unique en France dans un secteur porteur. ©France télévisions

Déjà doté de plusieurs formations de pointe dans le secteur de la couture, de la mode et de la sellerie, le lycée professionnel Gilles-Jamain de Rochefort propose depuis la rentrée dernière une formation unique en France pour répondre aux très nombreuses demandes des entreprises de broderie industrielle. Portes ouvertes les 15 et 16 mars.

"Je sais broder à la main, mais ici j'apprends à gérer les machines." A 20 ans, Clara fait partie de la première promotion du CAP broderie automatisée qu'a ouvert le lycée professionnel Gilles-Jamain de Rochefort en septembre dernier. 

"Je peux tout à fait faire une base de dessin à la machine et ensuite je viens retravailler dessus à la main." Déjà titulaire d'un CAP et d'un Brevet des métiers d'art en broderie main, la jeune femme a souhaité rajouter une corde - ou plutôt une aiguille - à son arc avant de se lancer sur le marché du travail. 

Beaucoup de débouchés et trop peu de candidats

Un marché qui est en souffrance, car le secteur de la broderie industrielle manque de bras. "La dernière fois que j'ai regardé sur France Travail, se désole Céline Thiélin, il y avait au moins 40 offres d'emploi à pourvoir, rien qu'en Charente-Maritime." 

L'enseignante en broderie de l'établissement l'a d'ailleurs toujours su, il y avait "quelque chose à faire" avec les machines utilisées en module complémentaire. "Beaucoup d'entreprises sont en recherche, mais on n'a pas toujours les élèves à mettre en face" constate-t-elle.

C'est pour cela que le lycée rochefortais, à la pointe des métiers de la mode et de la couture, a souhaité ouvrir cette nouvelle formation. Unique dans l'enseignement public en France, cet apprentissage d'une année en alternance vise donc à répondre en partie à la pénurie de main-d'œuvre qualifiée. 

Gain de temps

"C'est très chronophage de former quelqu'un, explique Elodie Vinet, la future dirigeante de BAO. Nos machines présentent des risques, il faut souvent répéter les gestes, l'apprentissage se fait au fur et à mesure des années."

Le temps étant de l'argent, beaucoup d'entreprises réfléchissent beaucoup avant de former elles-mêmes leurs recrues. La société spécialisée dans la borderie sur textile à La Rochelle a sauté le pas.

BAO accueille depuis la rentrée l'une des élèves du lycée Gilles-Jamain. Et la direction n'y voit que des avantages. "C'est un gain de temps et un partage de savoir-faire : les jeunes déjà formés peuvent nous apporter quelque chose alors que jusqu'à présent, c'est nous qui leur apportions toutes les connaissances."

"Raconté par des chaussettes"

Après un démarrage timide, la formation rochefortaise doit maintenant tisser sa toile et se faire connaître. Elle ne compte actuellement que trois élèves inscrits pour une capacité maximale de douze places. "Il y a plein de débouchés dans la publicité ou dans la broderie personnalisée" vante Céline Thiélin.

Les élèves elles-mêmes (il n'y a que des filles) ont réalisé un film pour présenter leur CAP. "Raconté par des chaussettes", il est en lice pour le concours national "Je filme ma formation".

Le lycée Gilles-Jamain ouvre ses portes les 15 et 16 mars prochains.