"Les gens m'appellent un petit peu tard" : la lutte contre la chenille processionnaire doit s'anticiper dès septembre

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De retour dans nos jardin, la chenille processionnaire du pin est un danger pour l'homme et l'animal. ©France Télévisions

La chenille processionnaire est un insecte classé nuisible depuis 2022 en raison de sa dangerosité pour l'homme et le chien. Pour lutter contre la prolifération croissante de l'espèce, il convient de ne pas traîner. En ce mois d'avril, il est peut-être déjà trop tard pour votre jardin.

Des démangeaisons, des problèmes respiratoires pouvant aller jusqu'à l'infection ou même la nécrose, voilà de quoi est capable ce petit insecte de 40 millimètres de long : la chenille processionnaire du pin.

Le 25 avril 2022, le Ministère chargé de la Santé a ajouté l'arthropode à la liste des espèces nuisibles en raison de sa dangerosité pour l'homme. Pourtant la larve de papillon ne comporte pas de mandibules acérées ou de dard venimeux. Mais ce sont ses poils disposés sur tout son corps qui présentent une soie hautement urticante et allergisante. Ces poils peuvent donc engendrer des réactions impressionnantes s'ils sont touchés ou inhalés, pour les hommes et aussi pour les canidés.

"L’intérêt d’un écopiège, c’est de le poser dès septembre"

Dans le jardin de sa cliente, Aurélien Castandet, désinsectiseur de l’entreprise Frelon et Cie, en Charente-Maritime, ne peut que constater le passage de la procession, au micro de notre équipe Tiphaine Pfeiffer et Luc Barré : "Quand on visualise les cocons au bout des branches, on s’aperçoit qu’ils sont percés. Soit ce sont des chenilles qui sont déjà descendues, soit ce sont les mésanges qui viennent piquer pour s’alimenter. C’est comme ça qu’on peut s’apercevoir s’il y a eu des descentes de chenilles ou non."

Autour du tronc infesté, il pose un écopiège composé d'un cerclage, d'un tuyau et d'un sac rempli de terreau. Les chenilles vont chercher à quitter l'arbre pour aller s'enfouir et se changer en chrysalide, puis en papillon. L'idée est de guider la colonie vers le sac en les empêchant d'atteindre le sol.

Pour cet expert, il y a un timing bien précis à respecter pour poser ce dispositif et être tranquille : "Souvent, les gens m’appellent un petit peu tard, en février ou mars, quand il y a les beaux jours et que les chenilles sont par terre. Sauf que l’intérêt d’un écopiège, c’est de le poser dès septembre pour anticiper toute descente précoce. Parce qu’on s’aperçoit que les saisons fluctuent d’une année à l’autre. Et le premier cas de piqûre l’année dernière était au mois de novembre."

96 % d'efficacité pour l'écopiège

Cet écopiège a fait ses preuves. Selon le désinsectiseur, il affiche une efficacité de 96 % en matière de piégeage. Si ce n'est pas 100 %, selon lui, c'est "parce que parfois les oiseaux viennent piquer dans les cocons, dans ce cas, il peut y avoir une ou deux chenilles qui tombent au sol". Si au pied de l'arbre, quelques chenilles sont déjà enfouies, il n'est peut-être pas encore trop tard. “Même si on ne le pose que maintenant, il n’est pas complètement trop tard, parce que les chenilles descendent jusqu’à mi-mai", rassure Aurélien Castandet. "L'écopiège est garanti pour deux ans, donc, ce sera efficace dès l’automne prochain."

Pour la cliente du jour, ce sera une centaine d'euros pour l'installation du dispositif. Certains particuliers tentent de se débrouiller seuls. "Compréhensible" pour le désinsectiseur, mais "poseur certifié, c'est un métier. Quand ils voient l’avant et l’après que je sois venu, ils voient la différence et il n’y a pas photo."

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En général, en cas d'appel pour des chenilles processionnaires au sol, le spécialiste préconise la plus grande prudence. "Je dis qu’il ne faut surtout pas les ramasser à la balayette, parce qu’elles vont se sentir agressées et libérer leurs poils urticants. Il faut les laisser faire leur procession, elles vont trouver un endroit tranquille pour s’enterrer."

Les pièges victimes de leur succès

Stéphanie Rivet, assistante de direction au pôle environnement de la communauté d’agglomération Royan Atlantique, a vu les distributions de pièges recueillir un grand succès cette année :  "Il y a beaucoup de demandes, c’est quelque chose qui est demandé par les administrés. Ça fait plusieurs années maintenant qu’on fait ça. Cette année on a distribué une centaine de pièges à chenilles et ils sont tous partis en un mois et demi. Le stock est épuisé, il y a eu une recrudescence de chenilles processionnaires cette année, mais c'est quelque chose qui est difficile à anticiper."

En raison d’un grand nombre de résineux sur le secteur, la Charente-Maritime est très touchée, au même titre que tout le Poitou-Charentes, selon l’Agence régionale de santé.