À Saint-Palais, le Street Art rhabille deux blockhaus de la Seconde Guerre mondiale

Publié le Mis à jour le
Écrit par Stéphane Hamon
Blockhaus - Saint-Palais-sur-Mer (17)
Blockhaus - Saint-Palais-sur-Mer (17) © Alexandra Lassiaille - France Télévisions

Sur la plage de la Grande Côte, à Saint-Palais-sur-Mer (Charente-Maritime), un street artist anonyme rafraichit deux blockhaus, vestiges de la Seconde Guerre mondiale.

À Saint-Palais-sur-Mer (17),  les familles en maillots qui profitent des dernières journées estivales ont fini par se résoudre à cohabiter avec une grosse vingtaine de blockhaus échoués sur la plage. Depuis 75 ans, les fortifications de béton armé imposent leurs silhouettes massives tout le long du littoral communal. Depuis le temps on pourrait penser qu’ils ont fini par se fondre dans le paysage maritime. Ce n’est visiblement pas de l’avis d’un street artist qui a entrepris de remettre au gout du jour ces funestes vestiges guerriers. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que le relooking est radical, façon Christina Cordula. Son dévolu s’est porté sur deux de ces monstres de béton, qu’il a dépossédé de leurs robes strictes en subtiles nuances de gris, au profit d’une explosion de couleurs et de motifs furieusement plus proches de nous.
Les promeneurs n’y sont en tout cas pas insensibles, comme Josette et Monique qui s’arrêtent pour tirer le portrait des deux bunkers, rutilants dans leurs nouveaux costumes. « C’est décoratif et c’est une bonne manière de leur donner une seconde vie à ces blockhaus. D’habitude c’est tout triste alors que là c’est quand même plus réjouissant. » L’avis est globalement unanime. « Ça met un peu de gaieté sur la plage, plutôt que de voir ce ciment tout gris qui se délabre. » (Daniel, de Saujon) « Il est magnifique. Ça lui donne une nouvelle âme, avec un nouveau regard beaucoup plus sympa. » (Sébastien)
Nicolas Chantereau, le responsable animation de l’association « Forteresse de Royan » n’est pas tout à fait de cet avis, même s’il reconnaît que « ça change, c’est pas courant. Et c’est bien fait, c’est artistique ». Il déplore malgré tout un risque de perdre tout l’intérêt de ce patrimoine, que l’association s’évertue à entretenir et restaurer.

Il serait mis en valeur différemment, ce serait peut-être bien aussi. Un peu comme en Normandie avec les musées, les plaques commémoratives et des panneaux explicatifs. Après si on peut avoir des œuvres d’art éphémères sur un blockhaus, ça peut être sympathique. Ça permet en tout cas de les voir sous un autre angle.                                                                

Nicolas Chantereau, association « Forteresse de Royan » 

Stéphane Magrenon, le conseiller municipal délégué au patrimoine est lui aussi partagé. Et pragmatique. « On ne peut pas empêcher les gens de peindre. Il faudrait un policier derrière chaque blockhaus… Il faut plutôt le prendre comme une mise en valeur. Dans la mesure où les bâtiments ne sont pas endommagés, ça pourrait devenir un terrain artistique. Ça peut valoriser le patrimoine et faire qu'on en parle »
Pour ma part, en tant qu’auteur de livres d’histoire sur St-Palais-sur-Mer en 39-45, je ne suis pas choqué par cette expression artistique. Dans la mesure où ce n’est pas fait sur l’ensemble des blockhaus. » Mais le risque est très relatif.

L’équilibre se fait naturellement ici. Comme la marée empêche d’atteindre la plupart des blockhaus, ceux qui sont praticables pour ce genre d’expression graphique, on en a finalement très peu. 

Stéphane Maugrenon, conseiller municipal

Quant à la pertinence artistique de l’œuvre monumentale, la météo hivernale devrait avoir raison de la peinture et mettre tout le monde d'accord. Et les deux blockhaus remiser leurs habits de lumière pour renfiler, tranquillement, leurs petites robes strictes. En subtiles nuances de gris.

DIAPORAMA - Blockhaus - Saint-Palais-sur-Mer (17)

En partenariat avec France 3 France Bleu et Make.org

Participez à la consultation citoyenne sur la présidentielle 2022

Faites-vous entendre ! France 3 Régions s'associe à la consultation Ma France 2022, initiée par France Bleu sur la plateforme Make.org. Le but ? Vous permettre de peser dans le débat démocratique en mettant vos idées les plus plébiscitées au centre de la campagne présidentielle.