En images. "On peut monter à Paris, voire plus loin" : les agriculteurs en colère en Charente-Maritime rejoignent le mouvement

Les agriculteurs de Charente-Maritime ont rejoint ce mercredi 25 janvier le mouvement de protestation lancé cette semaine. L'A10 a été complètement coupée à la circulation dès la fin de matinée, après un départ de Saintes à 6h du matin. Les agriculteurs, eux, se disent prêts à installer leur mouvement dans la durée.

Au deuxième jour de mobilisation du monde paysan, les agriculteurs de Charente-Maritime ont rejoint le mouvement de protestation, à leur tour, ce mercredi 24 janvier 2024. Une démonstration de force lancée sur les chapeaux de roue dès 6h du matin, avec un rendez-vous donné au rond-point de la MSA de Saintes.

La circulation totalement coupée sur l'A10

Deux cents tracteurs ont ensuite commencé à occuper sur la rocade de la ville de Charente-Maritime. Un slogan ressort particulièrement : "Notre agriculture française est en danger, sauvons-la tant qu'il est encore temps."

Puis, vers 10h du matin, les véhicules agricoles se sont dirigés vers l'entrée de l'autoroute A10. Sur l'axe routier, la circulation a été coupée entre Pons et Saint-Jean-d'Angély. Ces restrictions de circulation sont toujours en vigueur ce 24 janvier en soirée.

Un mouvement appelé à durer

En novembre 2023, les agriculteurs avaient déjà initié une démarche symbolique, celle de retourner les panneaux indiquant l'entrée des communes. L'opération était menée par les Jeunes agriculteurs, présents également dans le mouvement actuel des agriculteurs en colère à Saintes. Pour leur président, Kévin Dumont, "cette initiative n'a pas été suivie d'effets. La coupe est pleine aujourd'hui, notre mouvement est fait pour durer, au moins quelques jours, tant qu’on n’aura pas de réponse."

Entre 400 et 500 agriculteurs sont réunis aujourd'hui.

Kévin Dumont

Président des Jeunes agriculteurs 17

La mobilisation sur la rocade de Saintes a aussi rassemblé des agriculteurs charentais, comme Franck Merceau. L'exploitant céréalier et viticulteur à Chassors détaille les raisons de sa présence : "On avait déjà manifesté, mais ça n'avait rien donné. À voir si on sera entendus, trop de charges, trop de contraintes administratives et on ne nous laisse pas faire notre métier comme on est censé le faire et comme on sait le faire."

On a autre chose à faire que d’être là, mais malheureusement, dans ce pays, sans rapport de force, on n'obtient rien.

Franck Merceau

Céralier-viticulteur à Rouillac en Charente

L'agriculteur demande "d'arrêter le blabla vis-à-vis de l'opinion publique". Il en appelle donc à une prise de conscience de l'État : "On ne fait plus le métier avec le bon sens paysan, mais sous la contrainte de l’Europe. On nous fait faire tout et n’importe quoi. (...) On est même capables de monter à Paris, voire plus loin."

Le mois de janvier est aussi celui des tailles pour le viticulteur, qui a dû laisser ses trente salariés pour se rendre à la manifestation. "On compensera en travaillant le week-end, même si c'est déjà le cas, ou en commençant très tôt", prévoit-il déjà.

Une poursuite du mouvement demain

En début de soirée, la RN 141 était bloquée au niveau du contournement sud de Saintes. L'autoroute A10 est coupée dans les deux sens entre les échangeurs 34 (Saint-Jean-d'Angély) et 36 (Pons). Sur la nationale 10, le trafic est interrompu dans le sens Angoulême-Poitiers au niveau de Vivonne.

Le mouvement devrait encore grandir demain dans toute l'ex-région Poitou-Charentes. La Coordination rurale lancera sa propre mobilisation jeudi 25 janvier 2024, avec des points de rendez-vous donnés à Niort, Poitiers et Angoulême.

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