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Angoulême : un lycéen de Ruelle menacé d'expulsion

Un tunisien de 19 ans, élève en CAP à Ruelle (Charente), a été placé en centre de rétention administrative. Il risque d'être expulsé du territoire français. La CPE de son lycée espère lui obtenir la grâce du préfet, son dernier recours avant d'être reconduit à la frontière.

Wissem Mabrouk, 19 ans, est étudiant en CAP électrotechnique au lycée professionnel Jean Caillaud de Ruelle (Charente) depuis septembre 2015.
Wissem Mabrouk, 19 ans, est étudiant en CAP électrotechnique au lycée professionnel Jean Caillaud de Ruelle (Charente) depuis septembre 2015. © Google Street View
Son sort ne tient plus qu'à un fil. Wissem Mabrouk, un tunisien de 19 ans, a épuisé presque tous les recours juridiques pour éviter l'expulsion. Ses soutiens au sein de l'équipe éducative du lycée technique Jean Caillaud de Ruelle où il étudie ont obtenu un rendez-vous à la préfecture. Virginie Masina, la conseillère principale d'éducation de l'établissement qui a créé une pétition pour soutenir le jeune homme, a bon espoir d'obtenir une grâce de la part du préfet de Charente.

Mercredi dernier, cet élève en CAP de nationalité tunisienne est arrêté par la police d'Angoulême puis placé dans un centre de rétention administrative à Bordeaux. Son titre de séjour italien, qui lui a permis de s'installer chez son frère en France il y a trois ans, est expiré depuis mars 2015.

En juin 2015, Wissem Mabrouk avait reçu une décision d’éloignement et de reconduite à la frontière. D’après Virginie Masina, il n’aurait pas vraiment compris la portée de cette obligation de quitter le territoire : "quand vous venez de la campagne profonde tunisienne et que vous n’êtes soutenu par des travailleurs sociaux, il est compliqué de s’y retrouver".

Un mois passe sans que Wissem et son frère Houssem ne fassent appel de cette décision. L’unique opportunité de contester l’expulsion du jeune homme leur file alors entre les doigts.

"En Tunisie, il n'a personne"

Il passe ce mardi matin devant le juge des libertés et de la détention à Bordeaux. "Le fond du problème ne sera pas abordé durant cette audience, explique son avocat Me Jean Trebesses. C’est trop tard. Sa seule chance d’être libéré est qu’il y ait eu une erreur de procédure lors de son interpellation ou de son placement en rétention".

Si aucun vice de procédure n’est constaté par le juge, le jeune homme restera en rétention jusqu’à son expulsion. Mais, la préfecture l’a promis aux associations de soutien à Wissem Mabrouk, il ne sera pas reconduit en Tunisie avant le 9 mai prochain, date à laquelle sa demande de grâce sera examinée par la préfecture.

Pour Virginie Masina, dont la pétition a réuni plus de 270 signatures, l’élève en CAP électrotechnique est parfaitement intégré dans son établissement : "il est arrivé chez nous en septembre dernier et n’a présenté aucun problème. C’est un garçon gentil et respectueux. Il est inadmissible qu’il puisse être expulsé." La famille du jeune homme vit en Italie. Il vit chez son frère qui est marié à une Française et a la nationalité française. "Il n’a personne en Tunisie".

Depuis que les élèves de sa classe et l’équipe éducative du lycéen ont appris son placement en rétention, tous se mobilisent pour obtenir sa libération. Ils réclament que Wissem Mabrouk puisse au moins finir sa scolarité en France.
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