Un dossier a été déposé par six entreprises de Nouvelle-Aquitaine pour protéger les charentaises

© ROMAIN PERROCHEAU / AFP
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Les charentaises sont fabriquées en Charente, en Dordogne et dans le sud du Limousin depuis la fin du 19e siècle. Pour protéger la technique de création ancestrale de ces chaussons, six entreprises de la région ont déposé un dossier pour demander le label "indication géographique protégée".

Par Yleanna Robert

On souhaite préserver le savoir-faire dont nous disposons dans la région pour fabriquer ces produits. Avoir le label "indication géographique protégée" (IGP) nous permettrait de mettre en valeur les charentaises auprès des consommateurs", confie Jean-Claude Jegou, coordinateur de l'Association pour la Promotion des Charentaises.

Fin avril, six entreprises de Nouvelle-Aquitaine fabriquant des charentaises (Rondinaud, Laubuge, Fargeot, DM Productions, La Nouvelle Charentaise et Manufacture Degorce) ont déposé une demande auprès de l'Institut National de la Propriété Intellectuelle (INPI).

Ce type de requête est désormais possible grâce à la loi dite "consommation", adoptée en 2014 et qui a élargi les indications géographiques aux produits manufacturés, pour reconnaître la qualité et la provenance des produits de l'artisanat et de l'industrie.

Un cahier des charges très strict 

Le marché de la charentaise est en fort développement actuellement. "C'est un modèle qui plaît énormément et dont la technique de fabrication en cousu retourné est ancestrale", assure Jean-Claude Jegou. Environ 300 000 paires de charentaises sont fabriquées chaque année par ces six entreprises, qui emploient 210 personnes.

Un cahier des charges très strict a été établi par l'INPI pour déterminer avec précision le type de charentaise qui pourrait bénéficier de l'indication géographique. Il y est décrit que "la charentaise est un chausson fermé comportant une languette qui remonte sur le cou-de-pied [et dont] la semelle est plate, sans talon." L'INPI précise également la composition du chausson et met l'accent sur "la fabrication d'origine française ou d'origine européenne".

Une enquête publique a été ouverte. Elle devrait durer deux mois et, si tout se passe correctement, le label IGP pourrait être attribué à ces chaussons charentais d'ici le mois de novembre 2018. 

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