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Vin : les Etats-Unis sont toujours les plus gros consommateurs de cognac, mais pas que...

© Guillaume Bonnaud - MaxPPP
© Guillaume Bonnaud - MaxPPP

Le Bureau National Interprofessionnel du Cognac (BNIC) indique que les expéditions de cognac poursuivent leur croissance et atteignent une nouvelle fois leur plus haut niveau en volume et en valeur, avec 211,1 millions de bouteilles expédiées pour 3,4 milliards d’euros.

Par Lionel Gonzalez

Avec 97,7 millions de bouteilles expédiées sur la campagne, la zone NAFTA (accord de libre-échange signé entre le Canada, les États-Unis et le Mexique) continue sa progression (46 % des expéditions). Les États-Unis sont toujours leader dans les exportations avec 94,3 millions de bouteilles expédiées sur la campagne 2018-2019.

Le Cognac est exporté à 98%

94,3 millions de bouteilles partent vers les Etats-Unis, 60 millions de bouteilles prennent la direction de l’Extrême-Orient. L’Europe représente 39,4 millions de bouteilles.
L’Afrique du Sud, le Nigéria, et les Caraïbes sont des zones qui représentent aussi une forte progression des expéditions.

Top 10 des expéditions (en millions de bouteilles)

  1. Etats-Unis           94,3
  2. Singapour           26,6
  3. Chine                  24,8
  4. Royaume-Uni     10,00
  5. France                  4,7
  6. Allemagne           4,5
  7. Hong Kong          4,3
  8. Lettonie                3,8
  9. Afrique du Sud     3,3
  10. Pays-Bas               2,6

10.000 hectares d’appellation Cognac, en plus, d’ici trois ans

La filière du cognac met en oeuvre un plan de plantations sur trois ans de 10.000 hectares, cohérent avec ses prévisions d’expéditions. Une fois ces nouvelles vignes plantées, le potentiel du vignoble sera de 86.000 hectares contre 76.000 hectares aujourd’hui. Ainsi, cela lui permettra d’assurer son développement à moyen et long terme.

Des vignes qu'il faut soigner avec attention

Pour Christophe Forget, viticulteur à Allas-Champagne, il faut avoir une relation très équilibrée avec les négociants (c'est-à-dire les sociétés qui vendent le produit final en bouteille).
Christophe Forget produit de l’eau de vie pour le cognac depuis 1996. Il possède une exploitation à taille humaine d’environ 30 hectares. Au total, on compte 85.307 hectares de vignes répartis entre six appellations cognac. 82 301 ha possèdent l'Appellation d'Origine Contrôlée Cognac.

Cette année sa récolte a souffert des conditions météorologiques. Le gel lui a fait perdre presque 50% de ses grains. Par chance, les vignerons du cognac peuvent utiliser une « réserve climatique » afin de subvenir à la demande. Elle est évidemment très limitée et très surveillée par le BNIC (Bureau Nationl Interprofessionnel du Cognac).
Christophe Forget - viticulteur à Allas-Champagne (Charente-Maritime) / © Christophe Forget
Christophe Forget - viticulteur à Allas-Champagne (Charente-Maritime) / © Christophe Forget

L'export n'a pas toujours été si important qu'aujourd'hui

Même si aujourd’hui, le vice-président du BNIC se félicite des bonnes ventes à l’export, il rappelle que cela n’a pas toujours été le cas. Dans les années 1990, les ventes vers le Japon se sont effondrées alors que l'Asie était l’un des plus gros acheteurs de cognac. Mais en 2000, les Etats-Unis et les pays d’Extrême Orient ont commencé à en demander plus. Les exportations ont alors bondi. Les populations américaines hispaniques et noires américaines sont particulièrement friantes de cette boisson alcoolisée française.

Mais les viticulteurs et producteurs de cognac restent vigilants car ces derniers mois, ils ont certaines craintes vis-à-vis des décisions du président américain Donald Trump. Il a le projet de taxer les exports des vins et spiritueux en provenance d’Europe notamment.

Le saviez-vous ?

La marque Grand-Marnier est le 5e acheteur de cognac. Vous savez, cette liqueur au « Cordon Rouge » composée d'orange exotique et de cognac que nous utilisons tous lorsque que nous cuisinons ou nous réalisons de la pâte à crêpes !
 

Il n’y a pas que de la production de cognac sur le territoire du Cognaçais

Fabien Grelet est viticulteur. Il travaille son vin en bio et biodynamie. Aujourd’hui Fabien est un vigneron reconnu, mais il n’a pas forcement été bon élève en classe. D’humeur timide et réservée, il lui aura fallu quelques mois au collège pour s’émanciper et se forger son caractère. Après un BEP agriculture-Viticulture-Œnologie, il reprendra l’activité familiale. Il est à la 4e ou 5e génération. Même si son papa, Paul-Henri lui a passé la main, il est toujours au côté de son fils pour quelques petits travaux et l'accompagne avec bienveillance. Avec son employé, il propose donc des vins de « méthode traditionnelle » issus de différents cépages sous le nom Chante-Alouette (une cuvée spéciale (100% Chardonnay) Brut, blanc (assemblage de Chenin, Sauvignon, Chardonnay) Brut et Demi-sec, rosé Brut (Cabernet franc), pétillant de raisins, jus de raisin.

Une météo clémente
Cette année, la météo a été assez clémente avec ses vignes. Il n’y a pas eu de forte période de gel, et les fortes chaleurs de cet été ont plutôt bloqué la maturité des grains. Mais la pluie de ces derniers jours a été très bénéfique et a ré-humidifié les grappes. C’est plutôt bon d’ici les prochaines vendanges de début septembre.

Un vin a un prix raisonné et raisonnable, avec une reconnaissance immédiate
Fabien Grelet privilégie la vente de sa production au territoire proche. Il alimente certaines grandes surfaces et Biocop. Mais pour lui, le plus important est le respect de la terre et l’impact qu’a l’Homme sur les sols.

L’esprit vibre de la spiritualité
Pour lui, l’Homme a trop été initié aux moyens mécaniques t à la production de masse. Pour Fabien, il faut donner du sens à ce que l’on fait et à ce que l’on est ! Il faut se débarrasser des lourdeurs des méthodes mécaniques pour prendre ce que la nature a à nous donner. Pour lui, il n’est pas pensable d’en venir à une agriculture chimique. Il est toujours possible de faire autrement. « C’est une démarche entière ». Mais cette volonté a besoin d’accompagnement. Les aides sont trop peu nombreuses. « Ça manque de moyen car faire du bio est un gros investissement ». Avec une rétribution de 1.700 euros par mois, c’est un salaire mérité où Fabien ne compte pas ses heures, ni le travail abattu.


Le cognac est à consommer avec modération.

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