Confinement : Pâques à la saveur douce-amère pour les chocolatiers du Limousin

Si déjà les enfants s'impatientent à l'idée de découvrir des lapins, des oeufs, des poules en chocolat dans le jardin, les chocolatiers eux n'affichent pas leur sourire habituel. En cette période de confinement, tous s'attendent à une baisse de leurs ventes. 
Les chocolats de Pâques se préparent pour leur sortie annuelle
Les chocolats de Pâques se préparent pour leur sortie annuelle © MaxPPP/Pierre Heckler/Le Républicain Lorrain
Depuis 5 ans, François Fressinaud est chocolatier à Vallière, dans la Creuse, sur le plateau de Millevache. Il a un atelier-boutique, dans lequel il fabrique seul ses chocolats, avant de les vendre essentiellement sur les marchés, à Felletin, Bourganeuf, Guéret, La Souterraine, Panazol. 

A la commande

© François Fressinaud



Mais voilà, les marchés sont suspendus, alors l'artisan a arrêté sa production. 

Ce n'est pas un produit essentiel, je respecte le confinement tout en assurant un service minimum pour mes clients. 

Sa boutique reste donc ouverte sur rendez-vous, et pour Pâques, il propose de travailler à la commande, mais ne s'attend pas à avoir beaucoup de demandes. 

J'espère que mes clients fêteront Pâques quand ils retrouveront leur famille, après le confinement. 

 

L'atelier-boutique à Vallière, dans la Creuse
L'atelier-boutique à Vallière, dans la Creuse © François Fressinaud



Une chute vertigineuse

Un espoir partagé par la gérante de la chocolaterie de Couzeix. Mais déjà Agnès Vauzelle parle de "chute vertigineuse".  

Pâques représente un quart de mon chiffre d'affaires de l'année. Je comptais dessus pour tenir le coup cet été. Ca va être difficile, mes ventes ont baissé de 80% en mars.

Agnès Vauzelle achète ses chocolats, chez un artisan du nord de la France. Et déjà les poules, les oeufs, les lapins ornent sa vitrine

 

Les chocolats de Pâques ornent les vitrines du magasin de Couzeix
Les chocolats de Pâques ornent les vitrines du magasin de Couzeix © Agnès Vauzelle

J'en ai commandé autant que l'an passé, se désole la commerçante, c'était avant la crise du coronavirus. 

Mesures d'hygiène obligent, tous les chocolats sont emballés. Et Agnès Vauzelle essaie de s'adapter aux circonstances.

Sa boutique est ouverte tous les jours, mais comme il y a peu de passage, elle propose exceptionnellement des envois de chocolats par colis.


 

La gérante de la chocolaterie garde le sourire même si elle sait qu'il lui sera difficile d'écouler ses chocolats de Pâques
La gérante de la chocolaterie garde le sourire même si elle sait qu'il lui sera difficile d'écouler ses chocolats de Pâques © Agnès Vauzelle

Il faut s'adapter

D'habitude à cette époque, la chocolaterie d'Eric Lamy à Brive tourne à plein régime. 

Mais depuis le début du confinement, elle est fermée.

Sauf que des clients réclament leurs chocolats pour Pâques, alors pour assurer les demandes, quatre salariés sur les quatorze ont repris du service. Mais la production sera moins importante que prévue : 
 

Nous voulions travailler sur le thème des "cinq fruits et légumes". Il n'y aura que M. Patate et Mme Carotte. On ne peut pas prévoir de grosses quantités. Tout est assez flou, explique le maître-chocolatier.

Autre changement par rapport aux habitudes : la chocolaterie va assurer quelques livraisons, et les 9, 10 et 11 avril, des vitrines seront installées à la porte du commerce, avec les distances de sécurité nécessaires à la santé des clients et des vendeurs. 

 




 
Pourquoi des œufs en chocolat à Pâques ?
Depuis toujours, l'oeuf est un symbole de vie et de renaissance.

Pendant l'Antiquité, les Egyptiens ou les Perses s'en offraient au retour du Printemps. 

L'Eglise catholique en a fait un symbole de la Résurrection.

A la fin du carême, on s'offrait aussi les oeufs pondus pendant la période de jeûne et qui n'avaient pu être mangés. Ils étaient peints, puis enrobés de chocolat au 18ème siècle, avant d'être entièrement créés en chocolat, au 19ème siècle. 

 
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