Coronavirus. Comment les communes limousines préparent des masques "grand public" pour leurs habitants

"Leur distribution commencera bientôt" a promis le ministre de la santé Olivier Véran le 21 avril 2020 au sujet des masques grand public en tissu. En attendant, les communes limousines se préparent comme elles le peuvent pour répondre à la demande. Tour d'horizon.

L'usage des masques grand public dans les transports en commun pourrait devenir obligatoire
L'usage des masques grand public dans les transports en commun pourrait devenir obligatoire © Photo PQR / L'ALSACE / Jean-Marc Loos
Dans son allocution du 13 avril 2020, Emmanuel Macron déclarait : "L'Etat à partir du 11 mai en lien avec les maires devra permettre à chaque Français de se procurer un masque grand public".
"Vous les verrez bientôt, ils sont en tissu, lavables et réutilisables cinq, vingt, trente fois…" a pourtant promis le Ministre de la santé Olivier Véran cité par Libération.

Depuis ces annonces, plus de questions que de réponses. Acteurs de premier plan dans la gestion de cette crise sanitaire où l'Etat est parfois défaillant, les collectivités locales du Limousin cherchent des solutions. 
 

HAUTE-VIENNE


A Limoges, on attend les commandes



Dans un communiqué en date du 21 avril 2020, la mairie de Limoges annonçait : "En ce qui concerne les masques en tissu destinés à être distribués aux Limougeauds, le maire a réceptionné 1 000 premiers masques de la commande de 9 000 masques passée auprès de France Manufacture."

Deux commandes de 130 000 et 44 000 masques en tissu, respectivement passées avec la Ville de Bordeaux et avec les villes de la Communauté urbaine Limoges Métropole auprès d’entreprises locales, devraient être livrées fin avril-début mai. La Ville commence aussi à réceptionner des premiers masques réalisés par les couturières et couturiers bénévoles. Les conditions de distribution de ces masques grand public seront précisées très prochainement.


Néanmoins, précise-t-on, "une première distribution pourrait être opérée très rapidement auprès des personnes identifiées dans le programme de portage de repas à domicile et des personnes les plus fragiles intégrées à la cellule d’appel et d’écoute du CCAS" (centre communal d'action sociale)
 



L'association des maires à la manoeuvre

Les intercommunalités haut-viennoises ont pu compter sur l'ADM 87 (association des maires et élus de Haute-Vienne) qui a servi d'intermédiaire afin de faire des commandes groupées.

On s'y est pris assez tôt, explique le maire de Saint-Junien Pierre Allard, avant même l'allocution du Président le 13 avril, on espère donc être livré pour mi-mai. Nous, on a passé commande pour 27 000 masques au niveau de la com-com, la distribution sera gratuite et se fera par commune, on va s'organiser avec tous les fichiers que l'on a, ça ne posera aucun problème. 



CORREZE

A Tulle, une manufacture municipale mise en place


La mairie de Tulle a annoncé la création "à compter du lundi 27 avril d'une manufacture municipale de masques dans la salle Latreille bas"
Le Collectif des Couturières Solidaires, qui est partenaire de cette initiative, prendra en charge les bénévoles qui souhaiteront participer à ce projet de confection de masques en tissu réutilisables dans le respect des règles sanitaires (fourniture de masques et de gel hydroalcoolique, distanciation sociale…)

La mairie lance un appel aux bonnes volontés qui souhaitent intégrer cet atelier de couture, ou faire un don de matériel comme des machines à coudre, afin qu'ils ou elles remplissent le formulaire en ligne sur son site internet ou téléphonent au 05 55 21 73 00.

   

A Brive, distribution annoncée "à partir du 11 mai"


Le maire de Brive Frédéric Soulier a annoncé le 21 avril 2020 que plus de 100 000 masques en tissu réutilisables seront disponibles à partir du 11 mai.

Nous avons souhaité équiper l'ensemble de la population des 48 communes de l'agglo, a précisé Frédéric Soulier, ajoutant que les modalités de distribution seront à préciser ultérieurement.

 
 

Le conseil départemental mobilisé

En Corrèze, le conseil départemental a fait une commande de 300 000 masques en tissu, "une commande collective pour que les frais soient avantageux et les délais raisonnables" nous dit-on. Ce sera ensuite aux communautés de communes de les distribuer à partir du 11 mai, une distribution qui doit s'installer sur trois semaines.
 

Le maire de Saint-Ybard Jean-Jacques Dumas qui est aussi président des maires de Corrèze doit en recevoir 17 000 par ce biais pour la com-com du pays d'Uzerche : ils seront fournis gratuitement aux habitants dit-il, le 12 mai au plus tard, même si j'entendais ce matin (23 avril) que l'académie de médecine les recommande dès maintenant. Franchement, on a l'impression que personne ne sait ce qui marche.

 

La mairie d'Ussel a elle aussi annoncé sur sa page Facebook avoir fait l’acquisition de 10 000 masques en tissu réutilisables et lavables via cette même plateforme du Département de la Corrèze.
 

Ces masques vous seront distribués dès que nous les réceptionnerons. Nous communiquerons très largement sur les moyens mis en œuvre pour cette distribution a indiqué le maire d'Ussel Christophe Arfeuillère.
 


CREUSE


En Creuse, l'association des maires et le conseil départemental travaillent de concert. Joint le 24 avril, le président de l'association et maire de Guéret Michel Vergnier indiquait : "Nous allons passer commande aujourd'hui".

L'idée est que chaque creusois puisse bénéficier de 2 masques en tissu : un venant du département et le second de la commune, si elle le souhaite avec un financement partagé. Pour Guéret, nous en distribuerons 28 000 pour 14 000 habitants.

 

 

Jean-Claude Aurousseau, maire de Genouillac et président de l'association des maires ruraux a déjà passé commande.

La com-com des Portes de la Creuse en Marche a commandé des masques auprès des couturières du 23 et a financé l'achat de tissus et d'élastiques. J'ai également fait une commande de 6 000 masques en tissu en Pologne, explique le maire de Genouillac. L'idée c'est d'en avoir un maximum pour le 11 mai et de pouvoir en distribuer au moins un par personne, en utilisant les listes électorales.


"Heureusement qu'il y a la démerde, parce que franchement les autorités ne sont pas à la hauteur. On s'est quand même fait piquer nos masques FFP2 par la préfecture", explique-t-il en référence à la gestion des commandes de masques  chirurgicaux et FFP2 qui a été houleuse au niveau des départements.
 

 

Pas de masques grand public en pharmacie... pour l'instant


Les pharmacies ne sont pas autorisées à vendre ces masques grand public en tissu. "Nous n'avons pas le droit, expliquait Carine Wolf-Thal à nos confrères de Franceinfo le 21 avril 2020. Ils ne font pas partie de la liste des marchandises autorisées" en officine, regrette la présidente de l'Ordre national des pharmaciens. Cette réglementation ne peut être modifiée que par un arrêté ministériel.
L'Ordre a demandé au gouvernement de faire évoluer cette liste. Il espère voir les choses bouger "dans les prochains jours", notamment pour pouvoir vendre des masques homologués par l'Association française de normalisation (Afnor).

Dans le journal les Echos du 24 avril, Agnès Pannier Runacher, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances expliquait que plusieurs modes de distribution étaient à l'étude, pharmacies, mairies, grande distribution ou encore buralistes avec de premières expérimentations "à partir du 4 mai". 


 
C'EST QUOI UN MASQUE GRAND PUBLIC
Sur son site internet, l'Afnor (association française de normalisation) publie un "référentiel de fabrication de masques" conseillant de privilégier des formes "bec de canard" et "trois plis". Elle propose également des patrons pour ceux qui souhaitent les fabriquer eux-mêmes.
Pour ceux qui souhaitent faire appel à des professionnels, l'Afnor met aussi à disposition une plateforme mettant en relation les clients potentiels et ceux qui fabriquent. Une vingtaine y sont répertoriés pour le Limousin.

Il est précisé dans le document à télécharger qu'"un masque barrière est destiné à l’usage par des personnes saines ne présentant pas de symptôme clinique d’infection virale et n’étant pas en contact avec des personnes présentant de tels symptômes. Son port limité à une demi-journée permet de constituer une barrière de protection contre une éventuelle pénétration virale dans la zone bouche et nez de son utilisateur ou d’une personne se trouvant à proximité. Il a pour vocation de protéger cette zone contre tout contact avec les mains.
L’utilisation du masque barrière est envisagée par exemple pour une personne quittant son domicile pour se rendre sur le lieu d’exercice de l’activité professionnelle ou pour effectuer des achats de première nécessité dans des établissements autorisés. Il peut contribuer à la protection de l’ensemble d’un groupe portant ce masque barrière. Seule la protection limitée contre le risque visé est revendiquée.
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