Coronavirus : des visières artisanales solidaires pour les soignants

Depuis une quinzaine de jours, des makers, ces utilisateurs d’imprimante 3D, fabriquent des visières de protection contre le Covid-19 partout en France. Ils sont déjà une quarantaine en Limousin.
 

Le phénomène a touché le Limousin samedi dernier. Une communauté de makers, ces passionnés d’impression en 3 dimensions, s’est formée autour de Julien Dechef. Son collègue, Thomas Joubert, chef de projet dans l’agence web Pixine, témoigne : "Quand Julien m’en a parlé, j’ai tout de suite adhéré et aujourd’hui, 5 jours après, nous sommes une quarantaine".

 


Thomas s’investit, le jeune homme de 30 ans est lui-même atteint d’une forme bénigne du Coronavirus. S’il a constaté une baisse de son odorat, il n’a pas perdu son goût pour le don de soi.
 

Une vague de fond


"Depuis le 28 mars, date à laquelle le groupe a été créé, sur la Haute-Vienne et la Creuse, nous avons distribué plus de 700 visières à une quarantaine d'organismes, soutenu par une communauté de 180 personnes, dont une trentaine de makers (qui impriment, assemblent et distribuent les visières) sans qui rien de tout cela ne serait possible". 

Le groupe "Makers contre le Covid 87 & 23" sur Facebook est en marche et rejoint le groupe national né en région parisienne "Makers contre le Covid". Il comprend aujourd’hui 3172 membres.

"Nous sommes aussi en lien étroit avec le groupe Makers contre le Covid - Corrèze (200 visières distribuées, à près de 30 organismes, avec "seulement" 7 makers). Nous distribuons à des personnels soignants, en établissement ou libéraux, les gendarmes, des commerçants, des entreprises, de particuliers aidant parfois... équipés quelques jours (voire heures) après leur commande."
 

Une démarche bénévole et solidaire


Le principe est simple : fournir gratuitement des visières de protection aux demandeurs des 3 départements du Limousin, ceux qui en sont dépourvus pour l’instant : ambulanciers, infirmiers libéraux, pharmaciens. Thomas coordonne les demandes et la fabrication : "C’est du matériel de dépannage, bien sûr, il n’est pas réglementaire mais il permet quand même de se protéger et surtout d’éviter de se frotter le visage".

 
 

Un coût unitaire autour de 1 euro


"Chacun fait avec son propre matériel pour l’instant, mais nous avons créé un pot commun : aucune rétribution financière, seuls les dons en matériel sont acceptés. Nous tenons au principe de gratuité pour ceux qui en ont besoin. Nous avons tous du filament (en polyester à base d'amidon ou de glucose) mais nous avons aussi besoin de feuilles transparents en PVC et d’élastiques", explique Thomas, "certains se fournissent auprès des écoles".

 


La fabrication est relativement simple, il suffit de télécharger un logiciel gratuit qui permet de transformer un fichier numérique en objet 3D. L’impression dure 1H30. Il existe 3 tailles (M le modèle standard, L et XL) et l’attache est réglable, elle s’adapte au tour de tête de chacun.

 



Les Makers du Limousin ont déjà eu deux grosses commandes de 20 visières chacune : l’une d’un établissement hospitalier, l’autre d’un groupement d’ambulanciers.  Pour éviter tout risque supplémentaire, les demandeurs se déplacent pour récupérer ces substituts de masques auprès du maker le plus proche, sans contact naturellement. Cette communauté a mis en place un formulaire de demande à destination des professionnels :
►Le formulaire
 

Pour rejoindre ou contacter les makers en Limousin : 

 
 
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