Attaque d'un fourgon pénitentiaire. "On savait tous que cela allait arriver un jour" : journée "prisons mortes" à Limoges, Uzerche et Tulle

Après l'attaque d'un convoi pénitentiaire et la mort de deux surveillants mardi dans l'Eure, les personnels du centre de détention d'Uzerche bloquent l'établissement corrézien. Ils réclament plus de moyens pour améliorer leurs conditions de travail.

Depuis 6 h15 ce mercredi 15 mai, environ 90 surveillants bloquent l'accès au centre de détention d'Uzerche en Corrèze. Ils se mobilisent dans le cadre d'une journée "Prisons mortes", organisée à l'appel de l'intersyndicale, après l'attaque d'un convoi pénitentiaire, le mardi 14 mai, dans l'Eure, qui a coûté la vie à deux surveillants et blessé trois autres.

Malheureusement ce qui s'est passé hier, ce qui est tragique, c'est qu'on savait tous que cela allait arriver un jour !

Julien Dubois

Secrétaire UFAP 19

Parmi les manifestants, Julien Dubois, secrétaire de l'UFAP 19, le syndicat des agents de la fonction publique :"Malheureusement ce qui s'est passé hier, ce qui est tragique, c'est qu'on savait tous que cela allait arriver un jour ! Je pense que suite à ce drame, des choses vont avancer au niveau de l'équipement et des formations".

Conséquence : pas de promenade, pas d'atelier, pas d'école ni d'extraction ou de convoi pour les détenus ce mercredi. Seuls les traitements médicaux seront assurés.

Les personnels pénitentiaires réclament plusieurs améliorations :

  • La réduction des extractions en favorisant notamment l'utilisation de la visioconférence par les magistrats ;
  • La refonte et l'harmonisation des niveaux d'escorte avec, au minimum, trois agents ;
  • Égalité de traitement en termes de moyens ;
  • des équipements et du matériel mieux adapté ;
  • Le déploiement des brouilleurs de téléphones portables et du contrôle des drones.

Ce blocage des établissements et des structures pénitentiaires a été largement suivi en Limousin avec une mobilisation devant les maisons d'arrêt de Limoges et de Tulle. 

Symboliquement, à 11 heures, à l'heure où leurs collègues ont été tués hier matin (mardi 14 mai), une minute de silence a été effectuée par les surveillants pour leur rendre hommage.

Dans l'après-midi, les organisations syndicales seront reçues par le Ministre de la Justice.