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Brive : un an de police municipale armée, pour quel résultat ?

Photo d'illustration. En 2016, 9 434 policiers municipaux étaient dotés d’une arme à feu (44 % des effectifs). / © PHOTOPQR/L'INDEPENDANT/MAXPPP
Photo d'illustration. En 2016, 9 434 policiers municipaux étaient dotés d’une arme à feu (44 % des effectifs). / © PHOTOPQR/L'INDEPENDANT/MAXPPP

Un rapport parlementaire, dévoilé à la mi-septembre, propose de rendre obligatoire l'armement de la police municipale. A Brive, la commune a sauté le pas, il y a un peu plus d'un an. 

Par Hugo Lemonier

Sylvain sillonne les rues de Brive, un pistolet semi-automatique à sa ceinture. L'homme connaît bien cette arme de poing : avant de devenir policier municipal, il utilisait exactement la même au sein de la gendarmerie. Pour lui, il s'agit avant tout d'un moyen de défense : "On n'est pas des cow-boys. l'arme si on la sort, c'est qu'il n'y a pas d'autre choix, assure-t-il. On ne dégaine que lorsque notre vie ou celle de quelqu'un d'autre est en danger."

A Brive, 23 fonctionnaires sont armés depuis juin 2017, comme 44 % des policiers municipaux français. En un peu plus d'un an, aucun coup de feu n'a été tiré dans le cadre d'une patrouille, mais l'arme a été sortie de son étui lors d'une intervention. "Il s'agissait d'un refus d'obtempérer en renfort de la police nationale. Le véhicule s'est dirigé vers nous et le fait de sortir notre arme a suffit à l'arrêter. C'est très dissuasif", estime Gilles Garaude, policier municipal.
 

En septembre, un rapport parlementaire, dévoilé par Le Figaro, a proposé de rendre l’armement des policiers municipaux obligatoire, "sauf décision motivée du maire". Cela "représenterait un renversement de la règle actuellement en vigueur mais pas une révolution des usages", estime Le Monde.

A Brive, l'armement de ses agents aura coûté 45 000 euros : une partie consacrée à l'achat des 9mm, une autre aux équipements relatifs à la sécurité et à la formation du personnel. Cette dépense s'inscrit dans un contexte de développement de la police municipale à Brive : "On développe la brigade de nuit et la brigade cynophile, explique Dominique Eyssartier, 3ème adjoint en charge de la sécurité et de la tranquillité publique. On travaille en complémentarité avec la police nationale et la gendarmerie sur les enquêtes qui sont en cours."

Cette évolution du rôle des policiers municipaux interroge certains élus de l'opposition : "A-t-on besoin de 23 armes à feu ? je ne sais pas ! Pour moi, les missions de la police municipale de Brive ne sont pas là pour suppléer aux déficiences de l'Etat en matière de sécurité publique", grince Frédéric Filippi, conseiller municipal (PS).

 

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