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Guerre 14-18 : les fusillés de Flirey

La tombe de Félix Baudy à Royère-de-Vassivière, sa commune natale. "Baudy n'est pas un lâche, mais un martyr", peut-on y lire
La tombe de Félix Baudy à Royère-de-Vassivière, sa commune natale. "Baudy n'est pas un lâche, mais un martyr", peut-on y lire

Le 20 avril 1915, quatre soldats du 63ème régiment d'infanterie de Limoges ont été fusillés pour l'exemple. Deux étaient creusois, un autre était né dans la Haute-Vienne. Ils ont été réhabilités en 1934. 

Par France Lemaire

Le 19  avril 1915, la 5è compagnie du 63ème RI de Limoges refuse de monter à l'assaut. Depuis deux semaines, dans le secteur de Flirey, en Lorraine, les combats font rage, et le régiment a déjà payé un lourd tribut. 

Et puis les 250 hommes le savent, sortir une nouvelle fois de la tranchée, c'est la mort assurée. Quelques jours plus tôt, déjà, un colonel s'est opposé à cet ordre, il a été destitué sur le champs. Le colonel du 126 ème régiment de Brive a lui obéi, il est mort. 
 
Guerre 14-18 : les fusillés de Flirey

 

Par tirage au sort

Mais le général Delétoille y voit un refus d'obéissance. Il ordonne la cour martiale pour les 250 soldats. Des officiers le convainquent d'épargner la compagnie, mais pour l'exemple, ils désignent des soldats :

Le caporal Antoine Morange, originaire de Champagnac dans la Haute-Vienne est choisi au hasard dans le carnet du sergent. Pour le deuxième nom, le lieutenant demande à un soldat de donner un nombre, c'est le 17, il désigne François Fontanaud, un Charentais. D'après certains historiens, les creusois Félix Baudy et Henri Prébost sont désignés à cause de leur appartenance à la CGT. Tous deux sont maçons à Lyon.


Ils sont jugés le jour même. Aujourd'hui on parle d'une parodie de procès, où la défense est quasiment absente. Une seule condamnation possible : la mort. Ils sont fusillés le lendemain.
 

 

La réhabilitation

Pendant de longues années, leurs compagnons de régiment clament leur innocence, soutenus par le syndicat CGT. Pour ne pas les oublier et obtenir leur réhabilitation, des manifestations sont organisées. Cette mobilisation va être payante : le 29 juin 1934, la cour spéciale de justice militaire annule le jugement des quatre fusillés de Flirey. Ils sont réhabilités. 
 

 

La mémoire

À Saint-Martin-Château, une stèle en hommage à Henri Prébost est installée près du monument aux morts il y a quatre ans. A Champagnac-la-Rivière, le maire prononc un discours en 2015 pour rappeler qui était Antoine Morange, et à Royère de Vassivière sur la tombe de Félix Baudy, on peut lire : 


MAUDITE SOIT LA GUERRE
MAUDITS SOIENT SES BOURREAUX
BAUDY N'EST PAS UN LÂCHE 
MAIS UN MARTYR




 
La stèle en hommage à Henri Prébost, à Saint-Martin-Château, sa commune natale
La stèle en hommage à Henri Prébost, à Saint-Martin-Château, sa commune natale





 

Les fusillés pour l'exemple

Le nombre de fusillés pour l'exemple pendant la première guerre mondiale varie selon les sources. L'une d'elle parle de 741 hommes, exécutés pour "désobéissance militaire" : abandon de poste en présence de l’ennemi, désertion à l’ennemi, voies de fait envers un supérieur, capitulation en rase campagne et instigation à la révolte.

L'essentiel des exécutions va avoir lieu au tout début de la guerre :
 

  • 206 d'août à décembre 1914
  • 296 pour toute l'année 1915
  • 136 en 1916
  • 89 en 1917
  • 14 en 1918

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