Corrèze : "Toutes les familles de mon village" un livre jeunesse inclusif pour "normaliser ce qui est normal"

Déconstruire tous les clichés par le récit et par le jeu, amener un support de discussion, c’est l’objectif de "Toutes les familles de mon village" un livre pour enfant écrit par un couple installé à Ussac (Corrèze). Disponible en librairie et en ligne depuis le 9 septembre 2021.

"On se baladait, en amoureux, à Saint-Viance, sur les bords de la Vézère", se souvient Ophélie Celier. "On parlait d’inclusivité, un thème qui nous tient beaucoup à cœur, poursuit Thomas Piet. C’était peu de temps après le Black Lives Matter et on se sentait proche de ces sujets-là. On suit des comptes Instagram militants et on parlait des représentations, des différentes familles dans notre culture, en général, et on a pensé à l’importance de transmettre l’inclusivité dès le plus jeune âge". Contraire d’exclusion, l’inclusion est un concept social qui se définit par le fait d’inclure tout le monde, concept utilisé par le sociologue allemand Niklas Luhmann. Et c’est ainsi qu’est né l’idée de créer "Toutes les familles de mon village". 

Ophélie et Thomas, binôme à la vie comme au travail, imaginent alors un univers inspiré de leur lieu de vie, la Corrèze, et relate l’histoire d’Aria, une enfant, qui fait découvrir aux lecteurs les familles qui composent son village. "Il y a ses mamans qui jouent au foot, un papa qui cuisine et lave le linge à la camomille, un autre à "mobilité réduite", qui est celui qui a une grande voiture, des grands-parents chez qui on va danser", énumère Thomas. Une façon de déconstruire des clichés, pages après pages. "On veut normaliser ce qui est normal, explique Ophélie. Et on voulait créer un support de discussion entre les parents et les enfants, explique Ophélie. C’est autant pour les enfants qui se sentent différents que pour les autres, pour qu'ils soient confrontés à la différence." 

Un univers, illustré par Ariane Caldin, dont le prénom a inspiré celui du personnage principal : "C’est un clin d’œil car on l’adore", annonce Ophélie. "Le choix d’Ariane était une évidence. Le texte naïf allait parfaitement avec son style doux, c’était fait pour elle", renchérit Thomas.

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Les retours

"Les retours sont très rapides et très touchants", s’enthousiasment les deux auteurs. "Les très jeunes ont le même regard naïf que le personnage principal. On a beaucoup, par exemple, de questions sur le père trans' avec des enfants qui se demandent pourquoi on s’est moqué de lui ?", explique Thomas.

D’ailleurs, c’est plus les adultes qui peuvent être déstabilisés par notre livre car ils sont plus habitués à des schémas familiaux classiques. L'un d'entre eux nous a dit qu’il avait peur de montrer ces schémas familiaux à ses enfants car ça pouvait inciter ses enfants à ne pas suivre le schéma hétéronormé.

Thomas Piet, co-auteur de "Toutes les familles de mon village"

Disponible depuis le 9 septembre en librairie et en ligne, le premier livre publié écrit à quatre mains d’Ophélie et de Thomas, n’est pas le dernier. Les auteurs ont déjà un deuxième livre de prêt qui sortira en novembre prochain chez le même éditeur. Il s'intitulera "J’ai le droit de dire non" sur le consentement. "Par ailleurs, le personnage principal est métis mais ce n’est pas le sujet, précise Thomas. Dans la littérature jeunesse souvent quand le personnage est racisé, on parle de ça dans le bouquin alors que là on n’en parle pas. On voulait que ce soit inclusif sans que ce soit le sujet." Illustré par Fanny Vela, il sera disponible en novembre prochain.

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