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Procès du bébé secoué, les experts démontent la version de l'accusé

Palais de justice de Tulle / © Mathieu Beaudouin - France 3 Limousin
Palais de justice de Tulle / © Mathieu Beaudouin - France 3 Limousin

2e jour de procès ce mardi 28 mai 2019 pour ce Briviste de 22 ans accusé d’avoir secoué le bébé de sa petite amie aujourd’hui lourdement handicapée. Des blessures qu’il attribue à ses efforts pour réanimer l'enfant qui convulsait. Une ligne de défense mise à mal par les experts

Par Julie Radenac

Au premier jour du procès, lundi 27 mai 2019, à la barre de la cour d’assise de la Corrèze, les experts médicaux ont été formels, "l’enfant a tous les signes cliniques du syndrome du bébé secoué". K.présentait notamment une hémorragie rétinienne et un hématome sous-dural, c'est-à-dire des saignements à la surface du cerveau et pour Jean-Sébastien Raul, professeur de médecine légale "ces lésions viennent d’un violent secouement d'avant en arrière ou d'arrière en avant et non de simples manœuvres de réanimation". Des affirmations qui ont fait voler en éclat la défense de l’accusé.

À aucun moment j'ai voulu porter atteinte volontairement à K. 


Celui-ci a déclaré aux enquêteurs avoir donné son biberon au bébé qui subitement s'est arrêté de téter. "Elle a repoussé la tétine, s'est mise à tousser et à pleurer puis s'est évanouit". Le jeune homme a raconté l'avoir alors posée sur la table à langer pour la réanimer. Titulaire d'un brevet de secourisme, il  dit lui avoir donné des tapes sur les joues pour la réveiller. "Je ne l'ai pas frappée, c'était des petites claques" précise-t-il.

L'accusé réfute avoir secoué l'enfant, mais il reconnaît que dans un état de panique extrême, il n'a peut-être pas totalement contrôlé sa force. Le directeur d'enquête.

Pour l'expert en médecine légale, les traces sur l'oreille de K. peuvent en effet avoir été causées par le plat de la main, mais selon lui, "ce n'était pas de petites tapes douces. C'était forcément des mouvements violents, intenses". 
 



L'accusé raconte qu'il a procédé à un massage cardiaque avec 3 doigts ainsi qu'à du bouche à bouche pour réanimer l'enfant. Des dires corroborés par l'un des oncles de K., un enfant de 9 ans présent sur les lieux au moment du drame.    

Car ce jour là, à tout juste 18 ans, Anthony avait la garde de K., la fille de sa petite amie, mais aussi des 6 frères et sœurs de celle-ci, dont des jumelles de 11 mois. La grand-mère de K. n'hésitait pas à lui confier régulièrement ses enfants depuis qu'il s'était mis en couple avec sa fille 4 mois plus tôt. "Et vous n'aviez aucune inquiétude de laisser Anthony tout seul avec trois bébés et de jeunes enfants ?" s'étonne le président Gilles Fontrouge. "Non, répond la grand-mère, j'étais submergée et Anthony s'était le seul homme à la maison. J'avais discuté avec lui et il avait l'air de savoir s'occuper d'enfants." La grand-mère raconte qu'elle ne l'a jamais vu se mettre en colère ou maltraiter sa fille, qu'il aimait K. et s'en occupait bien. Mais qu'il lui arrivait "de lui parler fort". 

Alors que s'est-il passé cet après-midi du 19 novembre 2014 dans cette maison du quartier de Tujac à Brive ? Anthony a-t-il perdu patience ?
Le bébé avait une otite, est-ce la fièvre qui l’a fait convulser déclenchant la panique et des gestes de secours inapproprié de la part d’un baby-sitter inexpérimenté ?

Appelé ce 28 mai 2019 à la barre, l’accusé fera peut-être la lumière sur les circonstances et la chronologie de ce drame. Celui d'une petite fille âgée aujourd'hui de 5 ans et qui est désormais aveugle, incapable de marcher ou de parler du fait des blessures qu'elle a subies ce jour-là.
 


 

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