Covid-19 : comment s’organise l’entraide sur le plateau de Millevaches ?

Permanence téléphonique, soutien moral, entraide juridique et administrative, approvisionnement alimentaire local… sur le plateau de Millevaches, les habitants s’organisent pour faire face à cette situation de confinement. 

Une permanence téléphonique spécifique en période de confinement a été mis en place.
Une permanence téléphonique spécifique en période de confinement a été mis en place. © Margaux Blanloeil, France 3 Limousin
Connu pour leurs initiatives, leur solidarité, leur réseau associatif dense, les habitants de la Montagne limousine ne dérogent pas à la règle en période de pandémie. 

Ensemble, ils tentent de remédier à la fermeture des marchés, aux problèmes psychologiques, administratifs ou encore juridiques que certaines personnes peuvent rencontrer en ce moment. 

Créé en novembre 2019, le syndicat de la Montagne limousine permet notamment de coordonner les différents collectifs d’habitants. 
 

Des solutions face à la fermeture des marchés


Actif sur la question de l’accès à l’eau, à l’offre de soin, le syndicat de la Montagne limousine doit faire face aujourd’hui aux problématiques liées au confinement en période de coronavirus. 

Ainsi, depuis plusieurs semaines, ils tentent de mettre en lien les producteurs, les consommateurs  et les magasins pour résoudre des problèmes d’approvisionnement alimentaire, suite notamment à la fermeture de certains marchés. Ainsi, plusieurs solutions ont été trouvées. 

La tournée du boulanger qui se déplace dans sept communes du plateau, ne livre plus seulement du pain. Elle peut aujourd’hui distribuer des produits alimentaires après avoir passé commande. 

A Faux-la-Montagne, en plus des deux commerçants encore présents sur le marché, le gîte de la commune sert désormais de zone de dépôt et de retrait des produits fermiers locaux. 

« Chaque lundi, après avoir commandé auprès de chaque producteur, les habitants viennent récupérer leurs paniers. » explique Catherine Moulin, mairesse de Faux-la-montagne. 


Autre problématique qu’il va falloir résoudre : les producteurs qui comptaient sur l’aide des woofeurs (volontaires français ou étranger, s’initiant aux savoirs faires agricoles) pour les travaux qui les attendent ne peuvent plus faire appel à eux en période de confinement. Avec l’aide du syndicat de la Montagne limousine, ils tentent de trouver une solution, plus locale sans doute. 
 
© Margaux Blanloeil / France Télévisions
 

Soutien moral et psychologique


Loïc fait partie, avec une douzaine d’habitants, d’une cellule de soutien moral et psychologique répartie entre plusieurs communes autour du lac de Vassivière. 

On pense que c’est important d’aider nos copains et nos voisins. Ça marche de manière informelle, et les gens ont connaissance de cette cellule par le bouche à oreille.


Né il y a 10 ans, le groupe poursuit sa mission bénévolement, par téléphone, durant la période de confinement. 

Le confinement peut être un facteur de difficulté supplémentaire pour les gens. Cela crée une déstabilisation, cela change les repères provoquant parfois des angoisses. Chez certaines personnes âgées autonomes, l’isolement, l’anxiété véhiculée par les médias, et l’incertitude face à l’avenir peuvent augmenter le stress, la tristesse, la panique...


Le groupe vient même de monter une permanence téléphonique spécifique en situation de confinement. Chaque jour, pendant deux heures, une personne peut être à votre écoute. 

 

Entraide administrative et juridique


Françoise participe au collectif de soutien administratif et juridique. C’est-à-dire que toute l’année, bénévolement, avec dix autres habitants, elle donne des conseils, écrit des lettres, passe des coups de téléphone, recherche des textes de loi afin de résoudre des problèmes administratifs et juridiques.

Ce service, elle le réalise actuellement à distance, par téléphone ou par mail à cette adresse : groupejuridiquedelamontagne@riseup.net

En période de confinement, les appels sont moindres mais les problèmes de contrôle par les forces de l’ordre ressortent. 
 

Un sans-papiers a été verbalisé à Eymoutiers pendant le confinement. Des gens faisaient leurs courses à vélo, ils se sont fait contrôlés par des gendarmes, ces derniers leur ont expliqué qu’ils n’avaient pas le droit de faire leurs courses à vélo. 


Des exemples de contrôles intempestifs, Françoise en décrit plusieurs. Avec le reste du groupe, elle reste attentive en attendant de pouvoir réagir collectivement. 
 
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