Covid en Limousin : attention aux courbes et aux chiffres !

Nous vous présentons tous les jours sur notre antenne et notre site internet des données qui illustrent l’évolution de l’épidémie. Mais leur interprétation n’est pas si simple, et les derniers chiffres ne sont pas fiables. Voici des clés pour mieux comprendre.
 
Le site internet de Santé Publique France publie ce jeudi 5 novembre une information qui interpelle : "Le nombre de nouveaux cas de COVID-19 déclarés ce mercredi est un chiffre minimal et non consolidé en raison de difficultés identifiées dans la remontée des résultats de tests vers Santé Publique France." Explications...
 

Pourquoi des rattrapages sont en cours ?

Les chiffres de ces derniers jours sont inexacts : le nombre de tests Covid est actuellement si important que les observateurs n’arrivent plus à tous les traiter, et des "rattrapages" doivent être effectués.

Concrètement, les laboratoires qui effectuent les tests font remonter les résultats dans un "système d’information du dépistage". Les chiffres partent à Paris, à l’APHP, et ils redescendent vers l’Assurance maladie pour retracer les cas contacts, et vers Santé Publique France pour assurer la surveillance.

Mais ces échanges sont grippés parce qu’il y a trop de données. En plus, les nouveaux tests rapides ne sont pas encore dans le système.

Les chiffres que les médias publient actuellement ne sont pas fiables ; ils devraient gonfler artificiellement dans les prochaines heures, ce qui ne signifiera pas pour autant une remontée brutale du nombre de contamination…
 

Et ces dernières semaines ?

Tous les épidémiologistes le disent : il faut s’intéresser aux tendances, pas aux chiffres d’un seul jour.

En effet, le taux d’incidence se calcule grâce à une formule simple : le nombre de tests positifs multiplié par le nombre de tests effectués.

Or, si un jour il y a moins de tests parce qu’il ne fait pas beau, parce que les gens sont confinés, ou parce que la politique de tests à changé, cela fait baisser artificiellement le taux d’incidence.

Quand on a vu le taux d’incidence baisser à Bordeaux, cela correspondait en fait à une forte baisse du nombre de tests.
 

Peut-on se fier au nombre d’hospitalisations ?

Oui, mais là encore il faut comprendre de quoi on parle.

On peut regarder simplement le nombre de personnes hospitalisées pour Covid. La donnée est simple, et le chiffre augmente.

Mais nous donnons aussi souvent le nombre de personnes en réanimation. Or, sur les données officielles, on peut lire qu’il s’agit en fait des chiffres de la réanimation, avec en plus les soins intensifs, et enfin les soins continus.

Ce sont trois choses en réalité différentes : au niveau des défaillances d’organes traitées, du matériel nécessaire à la prise en charge, et du personnel mobilisé. Il y a une gradation des soins.

L'un des enjeux de cette épidémie est d’éviter d’arriver à une situation où, faute de place, on ne peut pas intuber un patient que l’on pourrait sauver. Cette question se pose dans les lits de réanimation. Il s'agit donc encore d'un indicateur à manier avec précaution, car la problématique est trop complexe pour être résumée en un seul chiffre.
 
 

Quand saura-t-on si le confinement est efficace ?

Entre les fermetures successives des lieux publics, le couvre feu, le télétravail ou le confinement, difficile à cette heure de dire ce qui a un impact ou pas sur les contaminations.

Dans les premiers départements touchés par le couvre feu, il semble qu’il y ait une légère inflexion du taux d’incidence ; mais il est trop tôt pour en être sûr.

Une chose est certaine : le nombre de contaminations est toujours fort, et cela va entrainer mécaniquement dans les prochains jours de tnouvelles hospitalisations.

Alors on met le masque, on se lave les mains, on aère, et on évite de croiser du monde…
 
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