Creuse Gand Sud : le procès de Michel Moine encore reporté, polémique autour de la révocation d'un avocat

Michel Moine, maire d'Aubusson, devait comparaître devant la cour d'appel de Limoges ce 29 janvier 2021 pour une affaire de faux en écriture. L'audience a été, une nouvelle fois, reportée, la présidente de la communauté de communes Creuse Grand Sud ayant révoqué l'avocat de la collectivité. 

Michel Moine, maire d'Aubusson et son avocat à leur arrivée à l'audience du 29 janvier 2021 devant la cour d'appel de Limoges
Michel Moine, maire d'Aubusson et son avocat à leur arrivée à l'audience du 29 janvier 2021 devant la cour d'appel de Limoges © Franck Petit - France Télévisions

Une nouvelle audience devant la chambre correctionnelle d'appel de Limoges devait se tenir pour Michel Moine, ce vendredi 29 janvier 2021. Le maire d'Aubusson est poursuivi pour faux et complicité de faux en écriture sur deux lignes de crédit portant sur 4 millions d'euros. Une première audience avait déjà tourné court en septembre 2020, cette fois-ci, elle a été reportée au 26 mars. La raison de ce renvoi ? un avocat a été révoqué.

Il s'agit de maître Lefaure, qui défendait la communauté de commune Creuse Grand Sud depuis le début de cette affaire, choisi par l'ancien président de la collectivité, Jean-Luc Léger. Mais la nouvelle présidente de Com-com, Valérie Bertin, lui a fait savoir hier soir, à la veille de cette audience, qu'elle ne souhaitait plus recourir à ses services parce qu'elle aurait reçu ses conclusions tardivement. Elle aurait également appris récemment que maître Lefaure défendait les intérêts personnels de Jean-Luc Léger.

J'ai reçu hier matin le dossier. Dans la mesure où maître Lefaure défend les intérêts de Jean-Luc Léger, j'aurais dû être avertie

Valérie Bertin, président de Creuse Grand Sud

D'après nos informations, Valérie Bertin aurait pourtant eu formellement connaissance de cette collaboration il y a un certain temps déjà. Elle aurait donc pu choisir un nouvel avocat bien avant, et éviter un nouveau report. 

"Madame Bertin a pu subir des pressions. Ce n'est peut-être pas une femme suffisamment forte pour pouvoir affronter Michel Moine. Ce qui nous intéresse, ce n'est pas la personne en tant que tel, mais la manière dont elle assure ses fonctions" explique Philippe Fromentin, président du collectif citoyen Vigie 23.

Contre-attaque

Michel Moine est soupçonné d'avoir produit deux faux documents pour masquer les difficultés financières de la collectivité Creuse Grand Sud lorsqu'il en était le président. Dans ce dossier tumultueux, un homme a trouvé la mort. A la sortie de l'audience, ce vendredi, Michel Moine a évoqué cet aspect du dossier en parlant de nouveaux éléments : "La vérité m'a été cachée. Lorsque j'ai été convoqué chez le juge d'instruction dans le cadre du suicide du directeur général de Communauté de communes, nous avons pris connaissance du courrier manuscrit qu'il a laissé en indiquant bien que, pour lui, le responsable de son suicide, c'était Jean-Luc Léger, mon successeur.

Jean luc Léger est l'ancien président de Creuse Grand Sud et c'est lui qui a déposé plainte contre Michel Moine pour les faux en écriture.

"Personne n'est dupe. Tout le monde aura compris qu'il s'agit de salir tout le monde, pour qu'au bout de compte, les gens ne sachent plus vraiment qui a fait quoi. Donc moi, je serein", relativise Jean-Luc Léger. 

►Notre compte-rendu de la journée dans le reportage de Franck Petit et Frédérique Bordes

Intervenants :
Michel Moine, maire d'Aubusson
Jean-Luc Léger, ex-président de Creuse Grand Sud
Valérie Bertin, actuelle présidente de Creuse Grand Sud
Philippe Fromentin, président du collectif citoyen Vigie 23

Procès de Michel Moine : audience reportée

 

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