La supérette de Bourganeuf en danger

Marie-Odile Kolodziejzak en compagnie d'une cliente. / © France 3 Limousin
Marie-Odile Kolodziejzak en compagnie d'une cliente. / © France 3 Limousin

Il y a plus de deux ans, une supérette a ouvert dans le centre-bourg de Bourganeuf, dans la Creuse, à la demande des habitants. Mais la responsable de l'épicerie menace de mettre la clé sous la porte, faute de clients.
 

Par Victor Lengronne

Bourganeuf, 2 800 habitants dans la Creuse, sa poste, ses trois écoles, son collège et son lycée, son marché le mercredi, sa maison de services... et sa supérette dans le bourg-centre.

Marie-Odile Kolodziejzak et son mari répondent, il y a plus de deux ans, à une demande des habitants et descendent de Paris pour ouvrir une épicerie sur la place de la mairie. 
 

Samedi désert


Problème : ce commerce de proximité n'a pas trouvé son public, notamment l'hiver. "L'été ça va, concède la responsable. Mais sinon, on n'a pas beaucoup de monde. On a un peu de monde le matin, l'après-midi, c'est très long. Je fais beaucoup d'heures pour pas grand-chose." Et le samedi ? "Désert", regrette t-elle. 

Il faut tout faire pour garder cette épicerie


Les Bourgouniauds préfèrent les deux autres supermarchés de la ville, ou les grands centres commerciaux de Guéret ou Limoges. Pas Yvette, qui vient tous les matins faire ses courses à pied dans l'épicerie. "On a toujours pleuré quand on n'avait pas de magasin en centre-ville. Maintenant qu'on en a un, il faut tout faire pour le garder." 
 

"Habiter ici est un engagement quasi-citoyen"


Le maire de la commune, Jean-Pierre Jouhaud, vient lui aussi régulièrement faire son panier. "La supérette a un rôle de centre-ville. Malheureusement, les gens ont des habitudes de vie : ils veulent vivre à la campagne comme à la ville, sans les inconvénients. Habiter ici est un engagement quasi-citoyen : une ville sans commerce n'est plus une ville." 

Pour la survie de son enseigne, Marie-Odile Kolodziejzak travaille désormais seule car "l'entreprise était trop petite pour deux personnes", elle et son mari. Ce dernier a trouvé un emploi. 

Elle n'exclut pas d'arrêter cette activité si la situation ne s'améliore pas. "J'aime ce que je fais, mais si ça ne marche pas, on s'en ira." Une nouvelle qui ne réjouirait pas le maire et la population âgée de Bourganeuf, habituée à ne plus prendre sa voiture pour faire ses courses.
 

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