Creuse : face aux sécheresses à répétition, un abreuvoir solaire séduit les agriculteurs

Les éleveurs sont confrontés à des problèmes d'eau après 3 sècheresses successives. Pour faire face à cette situation, le "2e rallye de l'abreuvement", organisé cette semaine par la chambre d'agriculture de la Creuse, dévoile des solutions alternatives : à commmencer par des abreuvoirs solaires.

Un abreuvoir solaire coûte environ 2 000 euros et s'impose comme une bonne réponse aux problèmes de sécheresse.
Un abreuvoir solaire coûte environ 2 000 euros et s'impose comme une bonne réponse aux problèmes de sécheresse. © A.Abalo/France3 Limousin
Malgré la pluie, ils étaient une dizaine d'agriculteurs de la Creuse à s'être retrouvés, ce lundi 28 septembre, sur la parcelle de Cyril Paillou, un éleveur bovin. Tous ont subi les sécheresses de ces trois dernières années et cherchent désormais des solutions. Au fond d'un petit chemin de terre, un deuxième abreuvoir solaire a été installé par Cyril Paillou, il y a un an. Un système tout simple et peu onéreux (2 000 euros), qui lui épargne la corvée d'eau quotidienne pour aller abreuver ses troupeaux.

Une réponse à la sécheresse saluée par les visiteurs du jour, venus à l'occasion du "2e rallye de l'abreuvement", organisé cette semaine par la chambre d'Agriculture de la Creuse. "Mon installation est faite avec des panneaux solaires et une pompe solaire. Elle alimente une trentaine d'hectares pour autant de vaches", explique l'éleveur à ses confrères avant de rentrer dans les détails : "Il n'y a pas de compteur électrique. Il y a une pompe solaire qui puise dans une cuve avec des niveaux constants. Des tuyaux vont ensuite alimenter des bacs dans les champs."
  

Des problèmes d'eau récurrents

En version mobile ou en version fixe, ces abreuvoirs étaient encore des prototypes, il y a peu de temps. Ils intéressent désormais plus d'un éleveur : "C'est un système simple qui peut se transposer sur d'autres exploitations", remarque Yves Ageorges, venu exprès de Saint-Vaury.

Gagner son autonomie en eau, après trois sècheresses successives : l'enjeu est désormais vital pour la profession. Dans la région, tournée vers l'élevage, la plus grosse consommation en eau est destinée au bétail. En cas de forte chaleur, et quand il n'y a plus d'herbe dans les pâtures, une Limousine peut consommer jusqu'à 100 litres d'eau par jour. 

Des agriculteurs sont donc bien souvent contraints de pomper sur le réseau d'eau potable faute de ressource. Ou à s'orienter vers la retenue collinaire, un étang qui stocke les pluies et les eaux de ruissellement.
 

Un guide technique, d'autres solutions et des aides

L'objectif de ce deuxième rallye de l'abreuvement, c'est donc de présenter les solutions les moins onéreuses et dans les clous de la législation. "La retenue collinaire est une solution tout comme le captage de sources, les puits... Chaque agriculteur est un cas particulier. Et la solution est particulière selon les exploitations", explique Yves Henry, vice-président de la Chambre d'Agriculture de la Creuse.

Outre un guide technique, la Chambre d'Agriculture de la Creuse expose quatre autres solutions cette semaine : le captage de source, le forage ainsi que l'alimentation d'un bâtiment à partir d'un puits. Les éleveurs ont le choix. D'autant plus qu'ils peuvent compter sur l'aide de la Région, à hauteur de 40 % des travaux.

 
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