Creuse : le député Jean-Baptiste Moreau bat la campagne au lendemain de la déclaration de candidature d’Emmanuel Macron à la présidentielle

Publié le
Écrit par Nassuf Djailani .

Le député de la Creuse, le macroniste Jean-Baptiste Moreau, est partout pour communiquer sur l’entrée en campagne du président de la République. Il insiste notamment sur le sujet de la souveraineté alimentaire, axe important selon lui surtout dans la crise russo-ukrainienne d’aujourd’hui.

 "L'enjeu est de bâtir la France de nos enfants, pas de ressasser la France de notre enfance". Sur les réseaux sociaux ou dans les allées du salon de l’agriculture à Paris, le député LREM de la Creuse, Jean-Baptiste Moreau, agriculteur lui-même, s’active pour faire entendre la parole du président sortant, candidat à sa succession.

"On a eu un emploi du temps compliqué avec la crise ukrainienne, qui intervient tout de suite après la crise du Covid", reconnait le député, quand on lui parle de la déclaration tardive d’Emmanuel Macron pour les présidentielles de 2022. Mais pour l’un des premiers défenseurs du président dans notre région, "il est pleinement à sa tâche jusqu’au dernier quart d’heure. Il a encore un sommet des chefs d’Etat et de gouvernements européens à organiser la semaine prochaine à Versailles sur le sujet de la souveraineté européenne et l’indépendance de l’Europe. Donc il est évident que pour lui ,l’agenda de la campagne présidentielle va être pas mal bouleversé".

Une candidature officialisée par une lettre aux Français, publiée dans la presse régionale ce 3 mars au soir, c’est assez symbolique pour être souligné. Un coup adressé directement à ces électeurs qu’il faut aller chercher, et qu’il faut convaincre après un quinquennat marqué par la fronde des gilets jaunes, ou encore des anti-vaccins. "C’est évident", explique Jean-Baptiste Moreau, élu d’un territoire rural. "C’est la presse quotidienne régionale qui touche le maximum de français aujourd’hui, c’est celle qui est la plus lue par les français, quel que soit l’endroit du territoire. C’est l’occasion, -pour le président candidat- d’expliquer ce qu’il veut faire. Pourquoi il se représente, et quelles sont les perspectives pour les 5 ans qui viennent", insiste le député.

Débats ?

A quelques semaines du premier tour, le candidat Macron va-t-il mener une vraie campagne de terrain ? Organiser des meetings, sillonner la France pour vanter son bilan ? Faire mentir les candidats qui le soupçonnent d'avoir peur de débattre ? :  "Ça va sans doute être une campagne différente, tempère le soutien du Président. Il sera bien occupé avec le sommet des chefs d’Etat la semaine prochaine, ça va être différent. Il ne va pas y avoir cinquante grands meetings. Il reste assez peu de temps, avant le 1er tour, mais oui il va aller au contact des français. Il va débattre avec les Français".

Quand on lui demande si le président va redescendre dans l’arène, se confronter avec les autres candidats en lice, le député Moreau est plus évasif, sans totalement exclure des confrontations entre le président sortant et ses challengers. "On verra avec les autres candidats sous quelle forme, mais il ne va pas faire un débat, à 1 contre 12 avec 1/12e du temps, et 11/12e où les candidats vont taper sur son bilan. Ça serait complètement contre-productif. Par contre des débats à deux, trois candidats, pourquoi pas. Ça peut s’envisager".

L’agriculture sera-t-elle au cœur de la campagne ?

Dans sa lettre aux Français, Emmanuel Macron évoque l’agriculture. Opportun au moment où se tient à Paris, jusqu’au 6 mars, le grand rendez-vous agricole international, Porte de Versailles. Il veut placer l’agriculture en tête de ses priorités, rappelle le député Moreau.  "C’est ce qu’il a dit, samedi dernier à l’inauguration du salon de l’agriculture, j’étais présent. Il a fait l’effort de venir deux heures, malgré le contexte de crise. Il a expliqué que le premier rôle de l’agriculture c’est de nourrir les français, les européens et qu’il fallait à l’aune de ce qui se passe en ce moment, où on n’est plus souverain au niveau énergétique, reparler de souveraineté alimentaire. Et cela, au niveau français et au niveau européens, et de l’indépendance alimentaire, puisqu’on voit bien les problématiques qu’on a, à cause du fait qu’on ne produit plus d’énergie. Retrouver notre souveraineté alimentaire, c’est éviter d’aller au-devant d’une crise considérable. Ces temps de tensions mondiales nous font comprendre qu’il faut travailler à notre souveraineté alimentaire, européenne", argumente Jean-Baptiste Moreau.

Incidences sur l'agriculture française ?

A la question de savoir si la guerre en Ukraine va avoir des incidences sur le quotidien des agriculteurs français et des éleveurs notamment. Le député répond sans détours, "que le plus dur reste encore à venir", comme l’a fait le président Macron avant lui.  

"De manière certaine il y aura des conséquences dans nos exportations pour les grandes filières", comme celles du vin, des céréales et de l'alimentation du bétail, prévient le député.

L'Ukraine "est le premier producteur d'éléments qui entrent dans la composition des engrais, notamment le phosphate", a expliqué Jean-Baptiste Moreau. La guerre entre la Russie et l'Ukraine, qui sont par ailleurs deux des principaux producteurs de céréales, fait donc peser "un risque de spéculation sur les marchés, voire de pénurie pour les pays qui dépendent beaucoup de cet approvisionnement, comme ceux du Maghreb".

Toujours sur le même sujet, Jean-Baptiste Moreau précise que, "les éleveurs allaitants seront peut-être moins touchés, que des éleveurs de porcs, ou des éleveurs de volailles qui dépendent des cours du céréale, de façon beaucoup plus importante, avec le cours des céréales qui vont flamber. Après il y en aura assez, il n’y aura pas de pénurie, rassure le député. Mais par contre, on va avoir de la spéculation, sur ces cours. Evidemment. Et chaque français va être impacté au niveau de son pouvoir d’achat. C’est pour cela que le président est en train de préparer un plan de résilience au niveau français et européen pour prendre en compte les conséquences de la crise".

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