Creuse : une eau plus chère à Crocq, la coupe est pleine…

Cela ne date pas d’hier, mauvaise gestion et impayés ont plongé les comptes du syndicat des eaux de Crocq dans le rouge. Depuis octobre 2020, une nouvelle équipe d’élus tente de redresser la barre. L’augmentation des tarifs et de l’abonnement font grincer quelques dents.

Le syndicat des eaux de Crocq éponge les dettes et augmente les tarifs
Le syndicat des eaux de Crocq éponge les dettes et augmente les tarifs © FTV - Lola Bodin Adriaco

Mauvaise nouvelle pour les habitants de Crocq et de la vingtaine de communes alentours : le S.I.A.E.P.A (Syndicat Intercommunal d'Adduction d'Eau Potable et d'Assainissement) vient de voter une augmentation des tarifs et de l’abonnement de l’eau.

Trop de dettes : 922 000€

Cette situation financière catastrophique a entraîné une mise sous tutelle du syndicat par la Chambre Régionale des Comptes cette année encore. L’augmentation des prix est notamment justifiée par la situation d’endettement record d’arriérés non-payés envers l’opérateur Veolia.

« En trois mois, nous avons réussi à réduire à 600 000 € cette dette mais nous avons été condamnés par le tribunal administratif à payer 92 000€ d’intérêt moratoire à Veolia. Rajoutez 230 000€ d’emprunt, on arrive à 922 000€.» René Roulland, président du S.I.A.E.P.A et maire de Saint-Georges-Nigremont

Trop d’impayés

Le syndicat de l’eau qui regroupe 24 communes autour de Crocq, soit près de 7000 habitants, constate également un manque à gagner de 180 000€ lié aux impayés, des personnes qui n’ont pas réglé leur facture.

« Ce n’est pas normal, chaque année, le budget de l’eau est déficitaire de 30 000€ à 50 000 €. Malheureusement, le tarif de l’eau n’est pas assez élevé pour faire face. Avec cette augmentation, nous restons ric rac, je ne suis même pas sûr que nous arrivions à nous en sortir. » précise René Roulland

Un syndicat des eaux de Crocq fortement endetté et des installations d'assainissement vétustes
Un syndicat des eaux de Crocq fortement endetté et des installations d'assainissement vétustes © FTV - Lola Bodin Adriaco

Pour certains habitants de Mérinchal, Crocq ou La Courtine, souhaitant rester anonymes, la potion est amère :

« C’est une situation héritée, ce n’est pas à nous de payer les pots cassés. »

« Vous savez, ici les gens ne roulent pas sur l’or. Nous avons beaucoup de petits retraités. Un retraité agricole touche au mieux 850 € par mois alors la moindre augmentation…c’est compliqué. »

Une incompréhension concrétisée par une pétition affichée depuis plus d’un mois dans des commerces de Crocq et environs et signée par plusieurs dizaines d’habitants. 

« Les abonnés et clients au service des eaux du SIAEPA ne sont pas responsables de cette situation de déficit et de dettes provoqués par une mauvaise gestion. La dette doit être réglée par les mauvais gestionnaires. Pour quelles raisons, les abonnés devraient régler à leur place ? Les abonnements actuels sont déjà très élevés. Il est nécessaire de toute urgence de revoir les contrats ou de faire marcher la concurrence. De ce fait, la population s'oppose fermement à une telle augmentation injuste. » Texte de la pétition

Aux dettes à rembourser s’ajoute la vétusté des installations, l’assainissement de Crocq étant frappé d’un arrêté d’insalubrité. Une fragilité financière qui obère pour plusieurs années la possibilité de réparer un réseau fortement délabré.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
environnement ruralité société