Creuse : 65 000 sachets mis à disposition des pharmacies pour lutter contre les violences conjugales

Depuis vendredi 9 avril 2021, 65 000 sachets sont mis à disposition des pharmacies en Creuse pour lutter contre les violences faites aux femmes. Au recto, se trouvent les numéros utiles en cas de violence, au verso, un violentomètre permet d'évaluer une relation (de saine à dangereuse).

Depuis vendredi 9 avril 2021, 65 000 sachets pour lutter contre les violences conjugales et intrafamiliales sont mis à disposition des pharmacies creusoises.
Depuis vendredi 9 avril 2021, 65 000 sachets pour lutter contre les violences conjugales et intrafamiliales sont mis à disposition des pharmacies creusoises. © Louis Claveau - France Télévisions

Depuis vendredi 9 avril 2021, 65 000 sachets ont été mis à disposition des pharmacies creusoises, pour lutter contre les violences intrafamiliales et conjugales.

À Guéret, la Pharmacie Lebreton en fait partie. Pour Pascal Lebreton, titulaire de l'officine, il s'agit d'une "excellente initiative", "moi-même, j'ai lu l'échelle des questions qui permet de renseigner les femmes tout comme les hommes, sur le niveau de stress ou de violences qu'elles (ils) peuvent subir. Je trouve que c'est très bien fait."

Au recto du sachet présenté en pharmacie, un violentomètre, outil sous forme de réglette, permet au client d'évaluer sa relation sur une échelle graduée "allant d'une relation saine à une relation dangereuse". Enfin, au recto, des numéros locaux et nationaux sont rappelés. Le numéro d'urgence, en cas de violences au sein d'un foyer, est le 39 19.

Portée par l'UFOLEP, la fédération multisports de la Creuse, cette action est soutenue par plusieurs organismes : les forces de l'ordre, les pharmacies, les associations partenaires comme le FIPD (Fond Interministériel de Prévention de la Délinquance) et la délégation aux droits des femmes et à l'égalité.

Des chiffres en hausse

Depuis deux ans, ces organisations font le même constat : chaque année les violences conjugales touchent près de 300 victimes en Creuse, un chiffre en forte hausse, "malheureuement, malgré toutes les sensibilisations que nous avons pu faire, nous nous rendons compte qu'il y a des situations qui sont prises en charge qu'au moment de faits graves et qui viennent à notre connaissance par l'appel au 17. Le souhait serait de pouvoir travailler sur ces situations bien en amont et de ne pas être confrontés à des situations d'urgence", confie Agnès Zepa, déléguée au droit des femmes et à l’égalité, en Creuse.

Parallèlement, une autre action a été menée en Creuse et en Haute-Vienne par le collectif Nous Toutes. 700 sachets de baguettes de pain ont été distribués dans plusieurs boulangeries avec les mêmes inscriptions que celles sur les sachets des pharmacies creusoises.Des organismes mobilisés partout en Creuse

En Creuse, 4 structures assurent un travail d'écoute et d'accompagnement pour les victimes : l'Intermède 23, le CIDFF (centre d'information aux droits des femmes et des familles), l'Aravic-France Victimes et une intervenante sociale du conseil départementale en commissariat et gendarmerie.

Si ces établissements sont basés à Guéret, d'autres actions sont menées à Bourganeuf et La Souterraine pour aider les victimes, grâce à des accueils de proximité. En effet, trois appartements d'urgence sont mis à disposition des femmes victimes de violences dans le département. Enfin, une "convention première d'urgence" est mise à disposition des forces de l'ordre pour permettre une mise à l'abri immédiate des personnes victimes de violences conjugales la nuit ou durant les week-ends.

En 2020, en France, 90 femmes et 16 hommes sont morts sous les coups portés par leurs conjoint(e)s. Un chiffre en forte baisse par rapport à l'année 2019, où 146 féminicides avaient été dénombrés.

Pour contacter les associations creusoises :

 

 

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