Hôpital de Guéret. Qualité des soins, sécurité : pourquoi la Haute Autorité de Santé n’accorde pas sa certification

C'est un coup de massue pour le personnel soignant et un coup de semonce pour la direction : le Centre hospitalier de Guéret n'obtient pas la certification délivrée par la Haute Autorité de Santé (HAS). Nous avons parcouru son rapport pour tenter de vous en expliquer les raisons. Personnels et direction de leur côté assurent que la sécurité est assurée dans l'établissement. On fait le point.

"Qualité des soins insuffisante". Le couperet est tombé pour le Centre hospitalier de Guéret : il n'obtient pas la tant espérée certification délivrée par la Haute Autorité de Santé (HAS). Dans un rapport de vingt et une pages que nous avons épluchés, la HAS épingle l'établissement de proximité sur plusieurs critères extrêmement précis.

Que lui reproche-t-on ?

Principal grief reproché au CH de Guéret : le manque de médecins anesthésistes réanimateurs. Un seul médecin présent pour trois salles d'opération, en plus de la salle de surveillance postinterventionnelle, et d'une potentielle quatrième salle obstétricale. Très insuffisant selon la HAS qui avait déjà relevé ce point négatif lors de ses précédentes visites : "Le déficit démographique médical national, la non-anticipation des départs des praticiens hospitaliers, les difficultés de recrutement actées dans le point d’étape de la mission d’appui, pérennisent des situations, déjà constatées lors des deux certifications précédentes",  épingle ainsi l'institution. 

Autre ombre au tableau, la mauvaise prise en charge des mineurs aux urgences, qui représentent 20% des patients du service. "Il a été constaté (...) l’absence de circuit clairement identifié, l’existence d’une salle de soins étiquetée pédiatrique ne disposant pas de tout le matériel adapté et des professionnels qui ne sont pas formés aux spécificités de la prise en charge pédiatrique", pointe le rapport. Des lacunes qui contreviennent aux dispositions de la charte européenne des enfants hospitalisés, pourtant affichée dans les services de l'hôpital. 

Parmi les autres carences pointées de doigt : la sécurisation du stockage de certains médicaments à risque, l'absence de connaissance du taux de couverture vaccinale des soignants ou encore le contenu très "hétérogène" des lettres de liaison selon les services. Sur ce dernier point, la HAS insiste sur le fait que la qualité de celles-ci se situe "très en dessous de l’attendu dans les secteurs médico-chirurgical et ambulatoire."

"Aucun souci sur la sécurité"

"Des points de détails" pour Nathalie Teste, responsable de la CGT Santé et Action sociale de la Creuse et infirmière au CH de Guéret, pour qui cette décision sonne comme un coup de massue : "Tous les collègues, aussi bien les médecins, les soignants, les administratifs... donnent tout dans cet hôpital pour que les choses se passent bien", déclare-t-elle à notre micro, visiblement amère. 

Elle tient toutefois à se montrer rassurante envers les habitants du département : "Ils peuvent toujours venir à l'hôpital, il n'y a aucun souci sur la sécurité des soins. Les petits problèmes de qualité vont être résolus. On peut toujours s'améliorer."

La responsable syndicale émet également des critiques vis-à-vis de l'évaluation elle-même, notamment sur la prise en charge des mineurs aux urgences : "Quand ils sont venus la première, les critères étaient réunis à 100%. Maintenant ce n'est plus que 60%. (...) On a l'impression que les visites sont très dépendantes des experts. Ce qui n'était pas un problème pour un, le sera pour un autre." Concernant la sécurisation des médicaments dangereux, celle-ci relève que "ce critère a été rectifié dès le lendemain", comme le confirme le rapport.

Cependant, la HAS mentionne également de très nombreux points positifs, comme la forte implication des représentants des usagers dans l'établissement ou bien le très bon accès aux soins pour les personnes en situation de handicap. La HAS conclut en affirmant que "l’établissement développe une dynamique d’amélioration continue de la qualité des soins."

Nouvelle visite dans deux ans maximum

La certification est une procédure d'évaluation externe des établissements de santé privés et publics qui existe depuis 1996, effectuée par des professionnels mandatés par la HAS, aussi appelés "experts évaluateurs". Cette procédure a lieu tous les quatre ans et porte sur "le niveau de qualité et de sécurité des soins délivrés aux patients". Elle porte sur le fonctionnement global de l'établissement et n'évalue pas chaque service. Son rapport est rendu public et accessible depuis le site de la Haute Autorité de Santé.

La non-certification implique le lancement d'une nouvelle procédure d'évaluation dans un délai maximum de deux ans, le temps pour l'établissement de santé en question de prendre les mesures qui s'imposent.

Toutefois, elle n'a aucune conséquence sur l'activité dudit établissement, seulement sur son image auprès des patients. Une nouvelle visite sera donc programmée, au plus tard, dans deux ans. 

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