Candidature d'Emmanuel Macron, le Président répond à un étudiant de Creuse. Récit d'une visite présidentielle

Publié le Mis à jour le

Visite présidentielle en Limousin lundi 24 et mardi 25 janvier. Emmanuel Macron était dans la Creuse toute la journée. Il sera demain en Haute-Vienne. Plusieurs thématiques ont été abordées dont la ruralité, le plan particulier pour la Creuse, le déploiement de France Relance, l'agriculture, les déserts médicaux... Un lycéen lui a posé ce matin la question fatidique de sa candidature.

Retour sur la visite du Chef de l'Etat Emmanuel Macron lundi 24 janvier en Creuse

17H00 : Discussions autour de la maison de santé de Bourganeuf

"Malgré les efforts d'avant la crise sanitaire, et l'intensification avec le Ségur de la Santé, on reste confronté à une situation difficile" précise le Chef de l'Etat. "On voit bien que la réponse est un cocktail de mesures sur les territoires pour restructurer une offre de soins comme la maison de santé de Bourganeuf". 

Le Président de la République a expliqué qu'en effet les "prochaines années sont inquiétantes". 

Anne-Laure, interne à la faculté de médecine de Limoges pose des questions au Chef de l'Etat : "On voit déjà 10 praticiens dans notre cursus, si on n'a pas réussi à nous retenir, ce n'est pas une année de plus qui fera la différence. Un logement pour l'interne, c'est la base de l'accueil". Et d'ajouter : "il faut proposer aux jeunes médecins de monter des projets. Cela se passe sur 3 ans, pas une 4ème année en plus". 

Pour cette interne, en campagne, il faut avoir de bons médecins. "Un médecin qu'on oblige à venir ne sera pas heureux. Il sera aigri. La 4ème année n'est pas une bonne idée". 

Mme Buissy, médecin à la maison de Santé de Bourganeuf explique sa position : "On a des internes qui tournent tous les 6 mois, 5 à 6 étudiants par semestre. Le premier problème, c'est la distance par rapport à Limoges. C'est un frein très important. On ne vient pas s'installer à la campagne sur un coup de tête, c'est un vrai projet de vie". 

Le président de l'URPS de la Nouvelle Aquitaine a insisté, lui, sur les rapports de force permanents avec les ARS, les Agences Régionales de Santé. "Les ARS souffrent d'un manque d'autonomie. On l'a constaté lors de la crise du covid-19. On sait que vous allez être candidat, c'est un secret de polichinelle". 

En réponse-conclusion, le Chef de l'Etat précise que "l'on va mettre quelques années pour combler le retard pris sur le sujet à l'hôpital comme en ville. La vie du médecin en campagne n'est plus celle que veulent mener les nouvelles générations". Et d'ajouter "on a formé trop peu de médecins et beaucoup ont quitté la profession. J'entends les réserves émises sur la 4ème année. Je n'avais pas perçu ce point, cela m'a ouvert les yeux".

Emmanuel Macron explique qu'il faut accompagner plus d'externes et d'internes vers les territoires carencés. 

16h45 : le maire de Bourganeuf rencontre Emmanuel Macron et évoque le passé de la commune, la Tour Zizim, la gestion de la crise sanitaire ... Tous se dirigent vers la salle municipale.

Plusieurs médecins travaillent dans cette structure. Podologues, kinésithérapeutes, psychologues, infirmière libérales, une vingtaine de professionnels y travaillent.

16H3O : Olivier Véran arrive à Bourganeuf et s'entretient avec le maire de la commune

16H00 : Emmanuel Macron part d'Ahun, dans un bain de foules d'environ 200 personnes, il répond aux questions des journalistes dans une ambiance bon enfant. 

15h54 : après son déjeuner à la cantine du lycée agricole d'Ahun, Emmanuel Macron s'est fait interpeller par des représentants des syndicats agricoles. Une réunion s'est déroulée à huit clos avec le Chef de l'Etat et Julien de Normandie, le ministre de l'Agriculture. 

Pour les agriculteurs creusois, le message à faire passer à Emmanuel Macron, c'est que "l'agriculture meurt à petit feu, par rapport aux charges d'aujourd'hui. C'est de plus en plus dur de travailler. Quand on voit le prix du gazole qu'on utilise sur nos exploitations, aujourd'hui on n'a plus de salaire, on n'a plus rien. Cela dégoûte les jeunes pour leur installation" suggère à notre caméra ce matin Florian Patisson,, le vice-président des Jeunes Agriculteurs de la Creuse. 

L'une de nos équipes a pu s'entretenir avec des habitants de la Creuse. Concrètement qu'attendent-ils de la venue du Président de la République dans leur département ?

"C'est le montant de ma retraite que j'aimerais voir changer" affirme un retraité d'Ahun. "On ne gagne pas assez par rapport à la vie qui augmente tous les jours. Aujourd'hui, il faut changer de véhicules, j'ai pas les moyens d'acheter un véhicule hybride moi ! Moi je sui obligé de me remettre sur des voitures diesels pas chères. J'ai 1300 euros par mois. Je ne peux pas faire autrement" déplore ce retraité creusois

13H55 : Le Président de la République prononce ses derniers mots à l'encontre des jeunes Creusois : "s'il y a un message que je veux marteler, soyez fier de ce que vous êtes et de votre département. Notre avenir est dans vos mains. Votre génération est celle de la reconquête de notre ruralité. Soyez fiers et conquérants, c'est ce dont le pays a besoin"

13h51 : le Chef de l'Etat s'entretient toujours avec les jeunes Creusois

Il s'exprime sur l'action publique. "Elle doit être au plus proche des territoire et des gens. Il faut remettre des équipes dans les villes moyennes et dans les petites villes. Le numérique est un levier formidable pour cela. Beaucoup de petites villes sont déjà équipées. et cela permet le télétravail. C'est la capacité qu'a l'Etat d'aménager son territoire. Cela vous ouvrira des perspectives".  

13h22 : La thématique de l'insertion professionnelle va être désormais abordée avec Emmanuel Macron.

"Je trouve dommage que l'agriculture est le seul métier qui ne fixe ni ses prix de vente ni ses prix d'achat. on est donc totalement dépendants des autres" déplore un jeune. 

Une jeune étudiante explique ne pas comprendre la volonté d'Emmanuel Macron de voir les études devenir payantes. 

"Je n'ai jamais dit ça. Cette phrase est sortie partout. Ce n'est pas vrai. Nous avons fait le contraire. Pendant la crise, on a pris en charge le repas à 1 euros" explique Emmanuel Macron. Mais une étudiante souligne que les étudiants n'ont pas bénéficié du repas à un euros en Creuse. C'est l'interrogation du côté du Chef de l'Etat et de son équipe. Il confirme bien que cette mesure était pour tout le territoire. 

13h16 : La question des transports est très largement abordée par les jeunes. Emmanuel Macron dit investir sur les petites lignes ferroviaires. "Ce qu'on est en train de faire, c'est réinvestir sur les axes routiers et ferroviaires pour atteindre l'agglomération la plus proche pour aller étudier ou travailler". 

Le Chef de l'Etat reconnaît également le manque d'infrastructures sportives. Un plan est en train d'être mis en place pour aider à développer tout cela selon le Chef de l'Etat. "Cela touche les quartiers urbains et le rural".

13h12 : Pour Emmanuel Macron, en réponse aux jeunes, le très haut débit, la fibre ont été fortement développés. "En effet, il y a eu des inégalités en terme de connexion. C'est tout le travail qui nous reste à faire avec les opérateurs et les collectivités territoriales sur toute la France. Tout n'est pas encore réglé. On doit améliorer la prestation des opérateurs. Il y a encore du boulot mais on va finir ce travail. "

13h07 : Emmanuel Macron s'exprime sur la crise sanitaire face aux jeunes. "A vos âges, il est légitime d'avoir plein de doutes. C'est plutôt positif. Cette crise nous a montrés que nous sommes vulnérables. On doit avoir cette capacité de résistance. On doit p rendre soin aussi de notre planète".

"On a redécouvert qu'on a besoin les uns des autres. On a mis le paquet sur les jeunes pour la relance. Comme le plan Un jeune, une solution. On a mis beaucoup d'argent. On a aussi un niveau record d'apprentissage; c'est vous qui allez bâtir ce nouveau monde. Dans la prochaine décennie, on va accélérer des transitions écologiques, agricoles, industrielles" ajoute le chef de l'Etat. 

12H30 : un jeune élève, Tom Potier, pose une question sur sa candidature éventuelle à l'élection présidentielle.

"Je vais continuer à me battre jusqu'au bout. Je peux vous le dire. Comme vous l'avez démontré vous-même, il reste beaucoup à faire. Si tout avait été réglé, mais ce n'est pas le cas. Mais il ne reste plus beaucoup de temps" explique Emmanuel Macron au jeune. "J'annoncerai ma décision en temps voulu. mais je pense que l'exemple que vous donnez en vous inscrivant sur les listes électorales, en vous intéressant à ce qui est en train de se dessiner pour l(avenir du pays. et en allant voter, c'est très important. Le vote c'est un droit qui a été conquis et quicrée une forme de devoir, faire votre choix de citoyen libre, c'est essentiel' conclut Emmanuel Macron. 

A la mi-journée, une dizaine de jeunes a pris la parole en interpellant le Chef de l'Etat sur certaines thématiques qui leur tiennent à coeur. Le manque de haut débit, de 4G, de transport ... les problèmes concrets pour ces jeunes ruraux ne manquent pas.

"Je n'ai pas eu accès à internet pendant un mois l'an dernier en pleine période de confinement à cause d'une panne. Je n'ai pas pu suivre mes cours en distanciel. C'est discriminatoire !" explique la jeune lycéenne au Chef de l'Etat. 

Emmanuel Macron comprend cette réaction. Mais il a expliqué ensuite à la jeune fille tout ce qui a été déployé en France pour le haut-débit en France. "On a beaucoup progressé à ce sujet mais ce n'est pas encore la cas partout en France. Cela va venir" insiste-t-il. Et de rajouter "Sur la 4G on met la pression sur les opérateurs. Je ne dis pas que c'est réglé, on veut améliorer cela". 

Plusieurs jeunes Creusois ont aussi pointé du doit les manque d'infrastructures de transport. "On veut aider la mobilité" ajoute Emmanuel Macron "on a facilité le passage du code. Quant au TER, 7000 kms de petites lignes ont été rénovées en Nouvelle Aquitaine. On y travaille". 

En attendant, les agriculteurs se préparent à faire passer quelques messages sur le chemin d'Emmanuel Macron

Le Président de la République est en Creuse aujourd'hui

Emmanuel Macron est attendu aux alentours de 11h ce lundi 24 janvier au lycée agricole d'Ahun où il souhaite aborder les thématiques de la jeunesse et de l'emploi en zone rurale. Il devrait échanger avec des jeunes de cet établissement et des responsables associatifs. Emmanuel Macron rencontrera ensuite à Bourganeuf des professionnels du milieu médical réuni dans une Maison de santé pluridisciplinaires, sur la problématique de la désertification médicale. 

Emmanuel Macron en Haute-Vienne mardi 25 janvier

Dans la Haute-Vienne, le Président de la République visitera l'une des 19 France services du département.

Le Chef de l'Etat se rendra ensuite au tiers lieu L'escalier à Saint-Léonard-de-Noblat, un espace collaboratif et partagé. Emmanuel Macron s'exprimera devant des agents de la fonction publique pour évoquer "la résilience du service public dans la crise, l'importance des services publics de proximité, les enjeux d'amélioration de la qualité du service rendu aux usagers ainsi que la redynamisation du territoire". 

Vous pourrez suivre sur notre site internet la visite d'Emmanuel Macron en Limousin tout au long de ces deux journées.