Visite d’Emmanuel Macron en Creuse et Haute-Vienne : quels messages veut faire passer le Président ?

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Le déplacement d’Emmanuel Macron en Creuse et en Haute-Vienne ces 24 et 25 janvier est articulé autour de trois axes : la jeunesse, la démographie médicale et l’accès aux services publics de proximité. Le Président revendique le bon bilan de son mandat sur ces thématiques.

A moins de trois mois du premier tour de l'élection présidentielle, la visite d'Emmanuel Macron en Creuse et en Haute-Vienne, ces 24 et 25 janvier, est très stratégique. L'Elysée en a dévoilé les principaux objectifs. Son déplacement est à suivre en direct sur notre site

AU PROGRAMME DU DÉPLACEMENT PRÉSIDENTIEL :
- une première journée en Creuse, ce lundi, avec la visite du lycée agricole d’Ahun, puis de la maison de santé de Bourganeuf (auxquelles s’ajoute, en fin d’après-midi, la remise de la Grande-Croix de la Légion d'honneur à l’ancien ministre creusois André Chandernagor qui fête cette année ses 100 ans)
- une deuxième journée en Haute-Vienne, mardi, avec la visite du relai France Services et du tiers-lieu L’escalier à Saint-Léonard-de-Noblat, puis une remise de décoration à Robert Hébras, dernier survivant du massacre d’Oradour-sur-Glane.

Au-delà des deux hommages, le déplacement d’Emmanuel Macron vise clairement à mettre en avant la politique menée ces cinq dernières années en faveur de la ruralité. Le mandat présidentiel a été marqué par la crise des gilets jaunes.
« La ruralité est l’une des priorités affichées du quinquennat actuel. […] L’agenda rural comportait 181 mesures dont 93,5% sont aujourd’hui totalement ou partiellement mises en œuvre », revendique l’un des conseillers d’Emmanuel Macron. Et de citer notamment les 57 millions d’euros déjà distribués dans le cadre du Plan particulier pour la Creuse.

Grâce à cette visite, le Président aura presque bouclé son tour des déplacements ruraux, après le Cher et l’Allier à la mi-décembre, et le Nord et l’Aisne la semaine dernière. « Il nous restait trois ou quatre départements à couvrir », précise le conseiller, qui évoque « un bilan singulier, inédit, en matière de rapport à la ruralité ».

Le réseau France Services, emblème du Plan Ruralité

Ces dernières années, pas un déplacement ministériel ne se fait sans une étape au point France Services local. Le Président de la République n’y coupera pas, cette fois-ci à Saint-Léonard-de-Noblat, mardi.
Le réseau France Services, qui doit permettre un accès aux services publics de proximité « à moins d’une demi-heure de chez soi », est l’une des fiertés du quinquennat.
« Nous venons de franchir la barre des 2000 installations en ce début d’année, et nous atteindrons l’objectif des 2500 à la fin de l’année », annonce l’Elysée, qui met également en avant le déploiement de 4000 conseillers France Numérique, pour aider à l’appropriation des outils numériques.

Ce qui ne doit pas faire oublier, malgré tout, les fermetures régulières de nombreux services publics en territoires ruraux.

La santé de proximité : un bilan positif ?

Autres structures que l’Elysée souhaite mettre en avant lors de cette visite : les maisons de santé, symbole de la nouvelle organisation collective souhaitée par les professionnels de santé et présentées comme solution aux déserts médicaux.
« La Nouvelle-Aquitaine est l’une des régions les plus dynamiques en terme de création de maisons de santé. On en compte sept aujourd’hui en Creuse, et une en projet », détaille-t-on dans l’entourage du Président.

L’Elysée revendique plusieurs mesures prises lors du quinquennat pour lutter contre les déserts médicaux : la fin du numerus clausus, la création des assistants médicaux, le développement de la télémédecine et le soutien à la formation.
Un chiffre est avancé : à l’Université de Limoges, le nombre de places en médecine est passé de 722 sur la période 2016-2020 à 850 en 2021-2025.

Et pourtant, en 5 ans, le problème de la densité médicale s’est accentué, notamment en Creuse où le nombre de médecins généralistes a baissé de 13,5% (contre -2% sur toute la Nouvelle-Aquitaine), passant sous la barre symbolique des 100 médecins pour tout le département. Alors, quel véritable bilan ?

Et si Emmanuel Macron annonçait sa candidature en Limousin ?

Selon nos confrères du Journal du Dimanche, Emmanuel Macron souhaiterait « banaliser son entrée en lice » dans la course à l’élection présidentielle, car sa candidature doit être une « évidence ».
Pas d’annonce solennelle, de meeting ni de grand discours. Selon certains observateurs, la déclaration de candidature ne serait plus qu’une question de jours, et devrait survenir au plus tard lors de la première quinzaine de février.

Alors pourquoi ne pas imaginer une annonce discrète en Creuse ? Un temps d’échange avec des jeunes – comme celui prévu au lycée agricole d’Ahun ce lundi matin – pourrait paraître comme un moment propice. La question lui sera forcément posée par l’un des lycéens, et Emmanuel Macron pourrait avoir envie, spontanément, d’y répondre…